Portrait, Yann Tiersen

Avec cet ambitieux Portrait, un éléphant de 97 minutes où figurent trois pièces inédites et 22 titres réinterprétés avec un ensemble de collaborateurs, Yann Tiersen ne résume pas tout à fait sa carrière ; il livre pour ainsi dire un nouvel album — ces relectures sont d’ailleurs, pour lui, des versions définitives. Comme le musicien français a versé autant dans le rock que dans le piano minimaliste et l’expérimental, Portrait est très ample : on se replonge dans La valse des monstres (1995) autant que dans All (2019). La navigation est une constellation de surprises : parfois, seuls le rythme et l’interprétation varient (Rue des Cascades), ou alors les ajouts sont discrets, comme sur Prad, déchirée par une guitare électrique. Mais certaines pièces sont transfigurées, comme la grave Sur le fil, jouée dans un violon incroyablement torturé. Les inédits, eux, sont corrects, à l’exception de l’incantation écologiste Thinking Like a Mountain, en spoken word, qui transporte. Alors, tout cela ? Dense, haletant, appréciable, mais un peu suffocant.

Écoutez Introductory Movement

Portrait

★★★
Rétrospective

Yann Tiersen, Mute