Sexe étranger, Nüshu

« Appréciez-vous notre univers ? Avez-vous aimé la dernière ? » demande une voix d’homme (celle de Mathieu Bédard) sur Se droguer tout en restant en santé, c’est tout un plan, pièce à la mi-temps du premier album du quatuor noise-math-rock Nüshu. Flash d’un autre aparté caustique du même type : « Ça va bien tout le monde ? J’ai rien entendu ! », qui ouvre LP6 de Navet confit. Ça tombe bien, il en est, le prolifique légume racine. Si les paroles sont rarement centrales dans le noise ou dans le math-rock ou dans le garage ou dans l’industriel (classifications diverses qui font Sexe étranger), celles-ci ont l’avantage de sonder le rapport tendu entre l’artiste et le désir d’un public. Parlant de paroles, soulignons aussi une belle mise en musique de Josée Yvon (Commandos-filles bandées). La voix criarde de Jessica Pion est comme une pluie acide, une douche froide en sursauts irréguliers, la claque finale coiffant un processus musical qui nous roue déjà pas mal de coups. Une belle violence.
 

Sexe étranger

★★★ 1/2
Noise-rock

Nüshu, indépendant