Ghosteen, Nick Cave & The Bad Seeds

 Perdre son fils aurait été une épreuve charnière dans la vie de n’importe qui. Nick Cave l’a lui-même admis durant son concert-discussion durant POP Montréal : le drame a transformé sa manière d’écrire. Ghosteen, dix-septième album studio de son projet avec les Bad Seeds, sublime le deuil vécu à travers un premier disque contrasté, suivi d’un second de deux poignantes et élaborées compositions (Ghosteen, 12 minutes, Hollywood, 14 minutes) entrecoupées d’un intermède spoken word. Dans le même esprit que Skeleton Tree (2016), les orchestrations se résument essentiellement au piano, aux claviers et aux boucles sonores électroniques, un choix esthétique qui accorde toute l’importance au texte et à l’interprétation magistrale de l’Australien ; c’est, paradoxalement, le plus doux et le plus déchirant de la discographie de Cave, qui balance entre la tristesse profonde et l’espoir de retrouver une paix intérieure. « Everybody’s losing someone / It’s a long way to find peace of mind », répète-t-il à la fin de la magnifique Hollywood.
 
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Ghosteen

★★★★
Rock

Nick Cave & The Bad Seeds, Bad Seeds Ltd.