La partie de moi qui tremble, Guillaume Arsenault

Arrivé au sixième album, après vingt ans de chansons certes valables mais pas très valorisées par le métier, on se dépose. Délesté de toute velléité d’être dans le coup, on crée de la musique en liberté. « Par les fissures des fenêtres fermées, le soleil m’aide à trouver des indices », écrit Guillaume Arsenault dans la page de mercis du livret de cet album folk-prog hors du temps et des modes. Les indices convergeaient : ce disque enregistré à Carleton-sur-Mer, à Cap-au-Renard, à Montréal et à Rimouski est de loin le plus abouti de l’artiste, doux voyage à l’intérieur de la part de soi « qui tremble ». Tout baigne, tout concorde : les mélodies sinueuses et délicates qui étonnent sans brusquerie, les arrangements où les guitares, les synthés et les échantillonnages patiemment recueillis se laissent de la place, la poésie de « fleuves à la mer » et de « feux du printemps » qui épouse les anfractuosités de l’âme. Rendez-vous le 12 novembre au Ministère, avec toute la péninsule.

Écoutez Il a replu

La partie de moi qui tremble

★★★★
Folk-prog

Guillaume Arsenault, Les Faux-monnayeurs