Ma, Devendra Banhart

Devendra Banhart nous invite une nouvelle fois avec doigté dans son salon décalé aux replis foisonnants, dont on ne sort jamais indemne. Ce dixième album du musicien américano-vénézuélien a comme titre un tout petit chapeau : Ma, une référence directe à la maternité qui prend aussi le sens plus large de notre rapport au monde, à sa sagesse. De la minimaliste Memorial, où sa voix décontractée rappelle immédiatement Leonard Cohen, au bossa-nova souple d’Abre Las Manos, dédiée au Venezuela aujourd’hui tourmenté où il a grandi, Devendra Banhart est mi-doux mi-grave, abordant la mort et la vie de son souffle légèrement étourdi. Bien que l’orchestration soit toujours dense et recherchée (écoutez Love Song), mêlant cordes, cuivres et guitares, l’ensemble est moins fumeux, plus huileux — sauf peut-être sur The Lost Coast, belle trame de fin du monde. Oui, on trouve encore sur Ma son petit vibrato caractéristique et un brin d’éclectisme, signe que Devendra Banhart change sans tout à fait changer. À l’Olympia le 3 décembre.

Écoutez Memorial

Ma

★★★ 1/2
Folk alternatif

Devendra Banhart, Nonesuch