Le déclic linguistique de Robert Robert à MEG Montréal

Derrière les platines sur la plaine des Jeux du parc Jean-Drapeau, Robert Robert promet de glisser quelques compositions inédites, dont une première chantée en français.
Photo: Frames Pictures Derrière les platines sur la plaine des Jeux du parc Jean-Drapeau, Robert Robert promet de glisser quelques compositions inédites, dont une première chantée en français.

Désormais arrimé au Piknic Électronik et gardant un pied à la Société des arts technologiques (SAT), le Festival MEG occupera tout le week-end de la fête du Travail avec une 21e programmation éclectique mêlant artistes internationaux et talents locaux, valeurs sûres et découvertes.

Habitué du MEG autant que du nightlife montréalais, l’auteur-compositeur-interprète Robert Robert sera derrière les platines lundi sur la plaine des Jeux du parc Jean-Drapeau et promet d’y glisser quelques compositions inédites, dont une première chantée en français, nous a-t-il confié.

Quelque chose comme un déclic linguistique s’est produit dans la tête du musicien, qui a lancé l’automne dernier un solide EP de chansons house soyeuses, How to Save Water, toutes chantées en anglais, sur l’étiquette française Nowadays Records. « Lorsque j’ai donné des concerts à Paris l’automne dernier, j’ai rencontré des musiciens montréalais, Les Louanges et Lydia Képinski, qui s’expriment en français. Ça m’a ouvert les yeux sur ce qui se tramait de leur côté, sur le potentiel de faire de la musique en français, et ça me donne envie de composer dans cette langue. »

Les musiques électroniques

Issu de la scène électronique underground, Robert Robert (Arthur Gaumont-Marchand) n’avait ni envisagé de faire de la musique en français ni même de faire de la musique qui puisse atteindre le grand public.

« Ça fait longtemps que j’évolue en marge de ce que j’appellerais “la scène musicale principale”, authentiquement québécoise, tu vois ce que je veux dire ? Pour que les gens se familiarisent avec les musiques électroniques, il faut qu’elles soient diffusées, reconnues ; ce que j’ai compris [en discutant avec Les Louanges et Képinski], c’est qu’il est possible de créer un pont » entre la pop québécoise grand public et sa démarche électronique.

Photo: Jordy Pinel Une image de l’édition 2018 du festival MEG Montréal

« Et en plus, je suis un grand fan du travail des Louanges et de Lydia », qui lui a d’ailleurs commandé le remix de sa chanson Les balançoires pour le mixtape Premier juin remix, paru en juin dernier.

Précoce, il découvre les musiques électroniques à l’âge de 13 ans, apprend à travailler les logiciels de production musicale comme si c’étaient des jeux vidéo et dissémine sur le Web ses premières compositions à l’âge de 17 ans. « Je n’ai pas de formation musicale comme telle, je travaille d’instinct — les rythmes, les mélodies, même les paroles de mes chansons, je chante ce qui me vient. »

Quelques projets collaboratifs

Arthur Gaumont-Marchand fait partie de cette tribu émergente de compositeurs électro-house avec CRi, Ryan Playground, Thomas White, Ouri. « On regarde pas mal ce que chacun fait. Je suis passé par beaucoup de styles de musique électronique ; avant, je produisais beaucoup de musique très dansante, très énergique, et je faisais DJ dans des raves et des fêtes dans les entrepôts. À travers ça, j’ai découvert les ambiances moins agressives, et c’est ce qui m’inspire le plus, surtout les textures », ajoute-t-il en citant Nicolas Jaar et Nosaj Thing comme inspiration.

Après sa performance DJ au MEG, Robert Robert entend prendre l’automne pour composer, enregistrer et compléter quelques projets collaboratifs qui traînent dans son studio, « des projets auxquels je suis vraiment fier de collaborer ».

« Pour ce qui est de mon album, parce que je passe de l’anglais au français, je veux vraiment me plonger dans le processus d’écriture, que je trouve très différent que d’écrire en anglais. Un beau défi, justement parce que la musique que j’écoute est moins en français. Il faut mettre le temps nécessaire pour comprendre comment phraser mon texte en français pour en faire une bonne chanson. »

Trois suggestions

Mood II Swing
30 août, scène Piknic
Le duo américain Mood II Swing (John Ciafone et Lem Springsteen) a fait époque dans les années 1990 avec son deep house teinté de garage, offrant des perles de planchers de danse telles que During Peak Hours (sous leur pseudonyme The Club Kidds) et le classique Call Me.

Miel de Montagne
31 août, SAT
Ajoutez à la longue liste d’auteurs-compositeurs-interprètes franco-électros le nom de Miel de Montagne (Milan Kanche), Parisien exilé en pleine nature où il a trouvé l’inspiration des chansons pop-R&B-house de son joyeux et léger premier album paru en avril dernier. Il partagera l’affiche avec ses collègues Salut c’est cool et Antony Carle.

Djrum
2 septembre, scène du Boisé
Paru l’année dernière sur étiquette R&S, l’album Portrait With Firewood du compositeur britannique Djrum (Felix Manuel) alliait avec maîtrise le techno, le drum and bass et la musique ambient, avec un soupçon de jazz. Mémorable disque qui donne envie de le réentendre sur scène.
 
 

Une version précédente de cet article, qui indiquait que Robert Robert devait être derrière les platines dimanche au parc Jean-Drapeau, a été corrigée.