Une célébration des cultures

L’auteur-compositeur-interprète français d’origine algérienne Rachid Taha, parti en 2018 à l’âge de 59 ans
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir L’auteur-compositeur-interprète français d’origine algérienne Rachid Taha, parti en 2018 à l’âge de 59 ans

Parti subitement le 12 septembre 2018 à l’âge de 59 ans, l’auteur, compositeur et interprète français d’origine algérienne Rachid Taha venait tout juste de terminer l’enregistrement de son onzième album studio. La chanson-titre dévoilée en juin dernier, Je suis Africain, donne le ton : ce sera une célébration des cultures musicales du grand continent et des figures noires ayant influencé l’éternel troubadour punk, de Jimi Hendrix à Aimé Cesaire, l’extrait étant porté par un clip posthume où défilent ses collègues et admirateurs Catherine Ringer, Damon Albarn, Benjamin Biolay, Brian Eno, Oxmo Puccino…

Assurément l’événement discographique de la rentrée, Je suis Africain paraîtra le 20 septembre prochain sous l’étiquette Naïve. Sur Instagram, son fils Lyes Taha précisait que son père y avait travaillé pendant deux ans, « beaucoup de jours et autant de nuits. Ce dernier album lui ressemble, dans sa singularité, dans sa folie, dans sa liberté. J’espère qu’il contribuera à faire résonner la parole et la musique de Rachid Taha le plus fort et le plus loin possible ».

D’ici là, on parlera abondamment du nouvel album des héros du blues électrique du désert Tinariwen, qui offriront Amadjar, leur neuvième album, le 6 septembre chez ANTI-Records. En grande partie enregistré en plein désert mauritanien avec l’aide de réalisateurs et techniciens français, le disque pourrait marquer un virage dans le son de l’ensemble touareg qui a convié une poignée de collaborateurs, dont le violoniste Warren Ellis (Nick Cave and the Bad Seeds) et les guitaristes Rodolphe Burger (Kat Onoma), Cass McCombs et Stephen O’Malley de Sunn O))). On les verra ensuite au MTelus le 27 septembre, à l’affiche du festival POP Montréal.

Photo: Marie Planeille Les héros du blues électrique du désert, Tinariwen

Autres parutions, en vrac et en commençant par un souhait : que Rihanna lance enfin l’album reggae / dancehall qu’elle promet depuis si longtemps. Il s’intitulerait R9 et comporterait son lot de collaborations, parmi lesquelles la jeune Koffee (qui lui aurait même composé des chansons), DJ Khaled et Buju Banton.

Confirmons entre-temps le disque nouveau de l’ensemble trad-folk-jazz montréalais L’Oumigmag (L’habitant, 6 septembre), du groupe électro-trad Mélisande (Les myriades, 13 septembre), du groupe fusion latine canadien Mazacote (Patria, 25 octobre) et de l’interprète portugaise dont le fado coule dans le jazz Maria Mendez (Close to Me, 25 octobre).

Photo: Annik MH de Carufel Le DevoirLe groupe électro-trad Mélisande Le groupe électro-trad Mélisande

Côté concerts, la star du vallenato — un genre traditionnel colombien — Silvestre Dangond sera au Théâtre Olympia le 7 septembre, alors que UB40, aussi pop que reggae, suivra le 22 dans la même salle de la rue Sainte-Catherine. POP Montréal nous fera le plaisir d’une autre révélation venue d’Afrique, l’étonnant KOKOKO ! mariant rythmes traditionnels du Congo à la musique électro, telle une version dancefloor de Konono No 1.

La pop brésilienne de Teto Preto sera à découvrir au Piccolo Rialto le 28 septembre, le même jour 47Soul et ses fusions de musiques arabes, rap et musiques électroniques, alors que l’auteure-compositrice-interprète tunisienne Emel Mathlouthi sera au Rialto le lendemain pour nous présenter son nouvel album Everywhere We Looked Was Burning (27 septembre, Partisan Records), toujours à l’affiche de POP Montréal. Mentionnons enfin la fête kompa du 2 novembre au EVO Plaza Centre-Ville mettant en vedette Kreyol La et 5Lan et la venue de l’auteur-compositeur-interprète pop israélien Idan Raichel le 7 novembre à l’Olympia.

Ajoutez enfin à l’agenda deux événements phares en musiques métissées. D’abord, le Festival du monde arabe de Montréal se réservera plusieurs soirs de bons concerts pour sa 20e édition, qui aura lieu du 25 octobre au 17 novembre — l’affiche sera dévoilée sous peu.

Puis l’incontournable festival Mundial Montréal qui animera une poignée de salles de la métropole du 19 au 22 novembre à sa 9e édition — en clôture, les concerts de Mamselle Ruiz au Théâtre Outremont et celui, attendu, de l’orchestre montréalais Nomadic Massive au Théâtre Fairmount, une célébration du 15e anniversaire du groupe avec Djely Tapa en première partie.