Charlebois plus vieux, plus fou

Robert Charlebois, jeudi matin
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Robert Charlebois, jeudi matin

Au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier, Robert Charlebois annonçait jeudi matin une grosse affaire, une méchante patente, un projet méga géant, allez-y les superlatifs, ce n’est pas de l’onguent. Un spectacle spectaculaire, avec un nom qui en promet déjà long : Robert en CharleboisScope.

Ce sera présenté à Québec, à Montréal, à Ottawa et à Sherbrooke, première au Grand Théâtre de Québec le 25 mai 2019, finale au Centre culturel de Sherbrooke le 19 octobre 2019. Il s’agit d’une grande bringue rock’n’multimédia, une aventure de la démesure pour laquelle notre Garou 1er s’allie avec l’équipe 4U2C (une excroissance du Cirque du Soleil) et le studio multimédia Champagne Club Sandwich.

Ça fait plaisir, ne serait-ce que sur papier. Le titre Robert en CharleboisScope résonne fort. On pense forcément à Superarchipélargo, le spectacle fou d’il y a presque cinq décennies, fomenté par Charlebois avec Marcel Sabourin et Mouffe. Ce spectacle se voulait « une bande dessinée vivante avec scénario science-fiction et pièces de pyrotechnie à l’appui » : je cite Claude Gagnon dans son livre Robert Charlebois déchiffré, paru en 1976 chez Albin Michel.

Ce spectacle-ci se veut une célébration du Garou le plus rock, avec des « projections vidéo spectaculaires, sur un écran géant de la taille de deux maisons », sur lequel on projettera « plusieurs oeuvres visuelles qui traduiront en images et en motion design les différentes époques » du parcours Charlebois, du psychédélique à l’aérobique.

Pour ses 75 ans, promet-on, Charlebois ressortira tout un tas d’« archives personnelles, petits bijoux documentaires et autres surprises ».

On notera que cette proposition ambitieuse arrive sur les talons de Boum Dang Sangsue, un autre spectacle hors de l’ordinaire, présenté celui-là en mars 2019 par Philippe Brach avec l’Orchestre de l’Agora dirigé par Nicolas Ellis à la Maison symphonique.

Il y a une certaine symétrie dans ces événements plus grands que nature, d’autant que l’audace et l’esprit d’invention d’un Brach évoquent irrésistiblement le Charlebois des années sans limites. Signe d’un « nouveau temps nouveau », où les frontières du possible — et les frontières tout court — ont le plus urgent besoin d’être dynamitées.