Le Trio Fibonacci célèbre ses 20 ans

Le Trio Fibonacci a de la suite dans les idées et ne manque pas d’imagination.
Photo: Adrian Morillo Le Trio Fibonacci a de la suite dans les idées et ne manque pas d’imagination.

C’est avec un trio, l’Opus 1 no 1, que débute le formidable parcours créateur de Ludwig van Beethoven. Cette oeuvre côtoiera l’Opus 8 de Brahms, le Trio en sol de Ravel et L’instant d’avant (1994) de Nicolas Gilbert lors du concert du 20e anniversaire du Trio Fibonacci.

L’oeuvre pour trio de Gilbert provient de ce que la violoniste Julie-Anne Derome définit comme la « première période » de l’histoire de l’ensemble, celle lors de laquelle il se consacrait à la musique contemporaine avec « beaucoup de créations » et un travail « avec des compositeurs internationaux, tels Maurizio Kagel, Wolfgang Rihm, Pascal Dusapin, Jonathan Harvey », notamment lors de résidences en Europe.

La « période de transition » suit le départ au piano d’André Ristic en 2007. Elle est stabilisée après l’arrivée en 2010 de Wonny Song et voit la mutation du répertoire vers « plus de musique classique », avec quelques créations, mais moins européennes. Une nouvelle phase est entamée depuis deux ans avec l’arrivée, toujours au piano, de Steven Massicotte, les deux autres membres, la violoniste Julie-Anne Derome et le violoncelliste Gabriel Prynn étant des fondateurs de l’ensemble.

Au coeur de cette nouvelle vie du Trio Fibonacci, la salle Bourgie joue un grand rôle. « Au début, nous avions un public de musique contemporaine. Le même d’un concert à l’autre. Nous étions un peu ghettoïsés. » Entre 2003 et 2007, les Fibonacci étaient en résidence à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, « mais là aussi, c’était un public d’habitués du lieu ». Tout au contraire, la salle Bourgie a « ouvert les possibilités de rejoindre le public qui ne nous connaissait pas ».

Il faut dire que l’offre artistique très variée y contribue, avec, même cette saison, un concert sur les minimalistes, associant Arvo Pärt, Ludovico Einaudi, John Adams, Michael Nyman, Philipp Glass, Max Richter et Maxime McKinley. « Ce sont des angles nouveaux, avec de nouvelles personnes qui viendront nous découvrir », dit Julie-Anne Derome de ce concert qu’elle inscrit dans la foulée d’un « concert spirituel » il y a deux ans.

Cette saison remplie d’« expériences » s’achèvera avec, en avril, des adaptations pour trio de thèmes d’opéras célèbres. « Nous avons trouvé des recueils de Renaud de Vilbac, un compositeur du XIXe siècle. Ce sont des arrangements qui fonctionnent vraiment bien et qui nous permettront, là aussi, de renouveler notre public. »

En tout cas, dans cette rencontre avec les auditeurs, le Trio Fibonacci, comme le mathématicien à l’origine de son patronyme, a de la suite dans les idées et ne manque pas d’imagination.