Dmitri Chostakovitch, Symphonies nos 4 et 11

Tous ceux qui ont vibré à l’écoute, cet été, de la 7e Symphonie de Chostakovitch avec Yannick Nézet-Séguin au Festival de Lanaudière pourront être intéressés par cette parution, car la 11e Symphonie, « L’année 1905 », procure des frissons presque comparables. N’étant pas un thuriféraire patenté du chef Andris Nelsons, je suis d’autant plus à l’aise d’écrire qu’il réussit l’un de ses meilleurs disques dans ces deux symphonies complexes où la patience et le sens de la construction sont de mise. L’Orchestre symphonique de Boston joue ici avec un éclat glorieux capté par une prise de son de concert exceptionnelle, d’une grande richesse, très nourrie dans les graves. La 4e Symphonie, qui surpasse nettement les attentes, est plus cinglante et aiguisée que celle du coffret de Yannick Nézet-Séguin récemment paru. La 11e Symphonie, au contraire, mise sur une couleur plus enveloppante, très « rouleau compresseur », face aux stridences des grandes versions russes (Rojdestvenski, Kondrachine), servant une oppression titanesque dans le Tocsin final.

 

Andris Nelson dirige le Tocsin de la 11e Symphonie de Chostakovitch

 

Dmitri Chostakovitch

★★★★
Classique

Symphonies nos 4 et 11, Orchestre symphonique de Boston, Andris Nelsons, DG 2 CD 483 5220