Design intérieur, Brigitte Saint-Aubin

Chansons nues, en 2015, revisitait son répertoire, sans rien pour se cacher. Quoi faire après ? Se réinventer. Design intérieur récrit le parcours d’une Brigitte qui n’est pas tout à fait elle. Une autofiction, comme on dit. Une autoproduction, en plus. C’est-à-dire que l’artiste prend tous les risques et paie, littéralement, de sa personne. Se révèle au-delà de la nudité, remontant dans le temps et explorant le dedans des sentiments. S’offre des arrangements exquis, la réalisation de Guido Del Fabbro. Signe jusqu’aux dessins de la pochette et du livret (on comprend le geste, on déplore le résultat). Les chansons — qui deviendront un « spectacle musical de théâtre » — affrontent tout : la mort de la mère dans Je te porte avec moi, la dépression dans Inviter le malheur en évitant le bonheur, le lâcher prise dans Remettre les armes. Nécessaire traversée : plus c’est intime, plus on s’y retrouve. Et plus les mélodies sont belles, et les mots, justes. Exemplaire travail.

 

Brigitte Saint-Aubin —​ La mesure des choses

Design intérieur

★★★ 1/2
Chanson

Brigitte Saint-Aubin, autoproduit