Elise Paré-Tousignant, un roc de la musique

L’apport d’Élise Paré-Tousignant à la musique au Québec est celui d’une pionnière et d’une fonceuse.
Photo: Ordre national du Québec L’apport d’Élise Paré-Tousignant à la musique au Québec est celui d’une pionnière et d’une fonceuse.

Photo: Ordre national du Québec

Professeure et administratrice à l’Université Laval, directrice artistique du Domaine Forget à la suite de Françoys Bernier, présidente de la Société du Palais Montcalm, Elise Paré-Tousignant s’est éteinte mercredi à l’âge de 81 ans.

« Je perds un mentor », dit au Devoir Bernard Labadie, qui nous a appris le décès d’Élise Paré-Tousignant, survenu la veille dans sa ville natale de Deschambault après une courte maladie. Avant de voir cette figure majeure de la musique au Québec à la tête d’un Palais Montcalm fraîchement rénové, nous avions l’habitude de la croiser au Domaine Forget, même après son départ de la direction artistique, qu’elle avait assumée à la suite de Françoys Bernier, entre 1993 et 2001.

« C’est elle que le Domaine et Françoys Bernier lui-même avaient choisie, parce qu’ils avaient une immense confiance en elle », nous rappelle Bernard Labadie. « Élise faisait partie du paysage de la musique au Québec depuis très longtemps. Je l’ai surtout connue à l’Université Laval, quand j’ai fait mon baccalauréat : elle y enseignait et était alors vice-doyenne de la Faculté des arts responsable de l’École de musique. »

L’apport d’Élise Paré-Tousignant à la musique au Québec est celui d’une pionnière et d’une fonceuse : « Elle avait énormément de volonté, de créativité et de ténacité. Quand quelque chose n’existait pas parce que les règles l’empêchaient, elle changeait les règles ! » Bernard Labadie évoque ainsi son baccalauréat en direction « à un moment où il n’y avait pas de programme de direction à l’Université Laval ».

Bernard Labadie se souvient qu’Élise Paré-Tousignant fut parmi les premiers membres du Conseil des arts et des lettres du Québec et que la Société du Palais Montcalm la plaça à sa tête à la fin des rénovations, « quand les choses étaient un peu compliquées ». Le fondateur des Violons du Roy résume : « Quand il y avait des situations complexes ou nouvelles au Québec, on se tournait très souvent vers Élise. »

Pour cette sagesse et cette clairvoyance, Élise Paré-Tousignant a siégé aux conseils d’administration des Violons du Roy, de l’Orchestre symphonique de Québec, de la Fondation du Trident et de la Fondation Claude-Lavoie. Élise Paré-Tousignant était notamment Officière de l’Ordre national du Québec (2006) et Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques (2003).