Franz Krommer, Howard Griffith

Ce disque est fascinant, car il nous fait comprendre en un peu plus d’une heure à quel point Beethoven fut un météorite dans la galaxie musicale. Franz Krommer est né en 1759, trois ans après Mozart. Il est mort en 1831, quatre ans après Beethoven et trois ans après Schubert. Surtout connu pour sa musique pour vents, Krommer a composé 9 symphonies, dont une (la 8e) est perdue. Ces trois oeuvres composées entre 1820 et 1824 s’inscrivent dans ce que j’aimerais appeler un cheminement « post-Haydn » normal. Avec Krommer, on passe naturellement et sans révolution de Mozart et Haydn à Schubert, en ajoutant aux classiques de la fin du XVIIIe une forme de robustesse musicale. Nous sommes sur une voie parallèle à Schubert, mais dans un idiome sonore plus cuivré et plus agreste. Ceux qui s’intéressent aux années 1800-1840 trouveront ici l’exemple type d’un artisan doué à l’inspiration assez soutenue pour susciter l’intérêt. L’interprétation de Griffith regarde fortement du côté des baroqueux, au prix de quelques duretés et crispations.
 

 

Howard Griffith dirige le Finale de la 4e Symphonie de Krommer

Franz Krommer

★★★ 1/2
Classique

Symphonies nos 4, 5 et 7, Orchestre de la Radio-Télévision suisse italienne, Howard Griffith, CPO 555 125