Charlotte Cardin, dans les clips comme dans la vie

Charlotte Cardin roule sa bosse avec en poche deux mini-albums sur lesquels elle livre une chanson pop et électro, mélancolique et touchante.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Charlotte Cardin roule sa bosse avec en poche deux mini-albums sur lesquels elle livre une chanson pop et électro, mélancolique et touchante.

« J’ai le goût d’être complètement moi dans tout ce que je fais. » La phrase peut sonner un peu cliché, mais, de toute évidence, au bout du fil, la chanteuse Charlotte Cardin ne la dit pas à la légère.

Et il est vrai que, pour une artiste pop de 23 ans, ancienne mannequin, visant un public féru de réseaux sociaux, la tentation de s’offrir quelques doses d’extra beurre pour enrober tout ça d’un peu de magie peut être forte. Mais dans toutes les facettes de son parcours musical, Charlotte Cardin assure qu’on la voit presque telle quelle.

Le hasard de l’actualité a fait qu’au matin de notre entretien, Stingray et l’ADISQ lançaient une chaîne de vidéoclips à la télé, et les communiqués affichaient en avant-plan le visage de Cardin. Quelques jours plus tard, elle allait aussi mettre en ligne le clip de sa nouvelle pièce, California, où on la voit sans fard au quotidien, sur la route, capturée dans des plans à la Instagram, FaceTime et autres vidéos verticales.

« Les clips ont été très utiles pour que les gens associent ma musique à un contexte visuel, explique Charlotte Cardin. Aujourd’hui, c’est sûr que c’est très important et c’est lié à ta carrière. Il faut que tu gardes une unité dans tout ce que tu fais, autant tes clips que tes photos que tes shows. Il faut une cohérence, sinon le public se perd un peu là-dedans — et l’artiste aussi, j’imagine. »

La chanteuse qui a du succès au Québec et qui défriche beaucoup le marché américain et européen a misé sur le fait d’ajouter le moins de voiles possible entre elle et le public.

« C’est sûr que ç’a pris plusieurs années à arriver à ça. Mais la réponse, au final, c’est que je n’ai pas le goût de me cacher derrière un personnage, raconte celle que l’on voit bien souvent en simple t-shirt blanc, et peu maquillée. Bien qu’il y ait tellement de projets artistiques que j’admire et qui sont plus axés sur la théâtralité, sur les personnages, sur l’alter ego et tout ça, j’avais envie d’être sans artifices, sans rien d’autre que de la musique et moi qui fait ça avec un band que j’aime. Et donc, c’est ce qu’on a essayé de montrer dans notre univers au complet. »

La gloire et sa rançon

Cardin roule sa bosse avec en poche deux mini-albums, Big Boy et Main Girl, sur lesquels elle livre une chanson pop et électro, mélancolique et touchante. Elle compte déjà dans le lot plusieurs titres fort populaires sur YouTube : la pièce Main Girl a dépassé les 7,5 millions de visionnements, Like It Doesn’t Hurt approche du 7 millions, et Dirty Dirty ainsi que Big Boy ont franchi le cap des 3 millions.

Celle qui a participé à l’émission La Voix en 2013 a déjà la tête à un prochain disque complet, sur lequel elle travaille en ce moment. Du moins, elle a des chansons toutes neuves en main, dont California, sortie en extrait il y a quelques semaines.

La pièce, en toute logique avec l’approche transparente de Cardin, se penche sur la vie de tournée, faite de moments d’euphorie, mais aussi de solitude et d’ennui. Sur la route, « il y a beaucoup de longues heures de voyagement, mais ce que je trouve le plus dur, c’est de m’ennuyer de mes proches, de mes amis, de ma famille. C’est vraiment ça que je trouve difficile. California, je l’ai justement écrite l’année dernière quand on jouait à Los Angeles et que la maison me manquait. »

Reste que California est porté par une musique assez rythmée, presque reggae, estivale, et cette énergie fait un grand bien à Cardin pendant les concerts. Elle confie que son prochain disque comptera quelques autres titres du genre, aux textes personnels, mais aux airs ensoleillés.

Ces nouvelles pièces donnent-elles un nouveau visage au concert ? « Oh ! Complètement !, se réjouit-elle. Pour nous, c’est tellement le fun d’avoir des chansons plus légères à jouer sur scène, qui bougent aussi un peu plus. »

Cardin et son groupe ont fait beaucoup de concerts aux États-Unis, et après quelques dates estivales québécoises, c’est vers l’Europe que la bande se dirigera. À l’extérieur de la province, les endroits qui les reçoivent sont de format encore modeste, « un peu entre des pubs et des petites salles ». « Mais, quand même, c’est super stimulant de jouer pour des foules qui ne nous ont jamais vus, qui nous voient pour la première fois. »

Ce mardi, Charlotte Cardin sera de la programmation du Festival d’été de Québec, un événement qu’elle affectionne et dont l’ampleur l’impressionne. Pour son spectacle extérieur au parc de la Francophonie, elle compte bien imbriquer ses nouvelles chansons tout en flottant « à travers nos univers musicaux, parfois avec une progression plus acoustique, parfois plus électro, raconte-t-elle. On essaie de changer de vibe à travers la soirée pour que ça reste un spectacle qui bouge, même si on est un band plus dans l’introspection que dans le gros pop multicolore ! »

Charlotte Cardin

Au Festival d’été de Québec le mardi 10 juillet, au parc de la Francophonie, avec Aliocha et The Spencer Lee Band.