La touche nippone du Festival Orford

Le directeur artistique et directeur général d’Orford musique, Wonny Song
Photo: Orford musique Le directeur artistique et directeur général d’Orford musique, Wonny Song

Le Festival d’Orford s’ouvre cette fin de semaine avec, vendredi, un concert des Violons du Roy qui joueront sans chef un programme dédié à Antonio Vivaldi et, samedi, le retour du Trio avec piano de Vienne dans un programme Schumann et Dvorák. Ce Festival 2018 se tiendra jusqu’au 11 août, date à laquelle I Musici et Jean-Marie Zeitouni y mettront un point final, au son de Brahms, Elgar et Schumann.

Wonny Song, qui depuis 2017 cumule les fonctions de directeur artistique et de directeur général d’Orford musique, a voulu donner une touche japonaise à cette édition 2018, une envie née d’une fascination pour cette culture : « Je vais au Japon chaque année. Chaque métier y est comme une religion. Le technicien de piano, par exemple, lors de mes tournées, était là lors de chaque répétition, comme si sa réputation était en jeu ! » Ce souci de perfection se rencontre dans des disciplines qui n’ont rien de japonais. « J’ai fait la connaissance au Japon de danseuses de flamenco japonaises et j’ai appris qu’en Espagne, dans les concours, elles raflent des premiers prix. C’est ainsi que le 4 août nous aurons une danseuse japonaise dans notre concert guitare et flamenco ! » se réjouit Wonny Song interrogé par Le Devoir. Ateliers de dégustation de saké et cérémonie du thé, dont certains font déjà le plein, compléteront cette alliance culturelle.

Pianiste vedette

L’artiste le plus attendu de cette édition est lui aussi un grand perfectionniste : le pianiste anglais Christian Blackshaw, en récital le 14 juillet, avec les Moments musicaux et la Sonate D. 784 de Schubert, ainsi que la Fantaisie op. 17 de Schumann.

Nous vous en avons déjà dressé plusieurs fois le portrait. Aussi nous étions intéressés de voir en quels mots en parle un pianiste tel que Wonny Song. « Christian Blackshaw est un être humain avec un jeu unique, qui reflète une vie intérieure vaste et complexe. Dans les Moments musicaux de Schubert, à chaque son, on peut entrevoir cette vie intérieure. J’espère que le public va répondre à cela. »

La rencontre avec le public est un souci de l’artisan Wonny Song, qui voit comme défi de la programmation du festival le mariage des artistes canadiens et des invités internationaux, parmi lesquels, cette année, la première venue du quatuor espagnol Quiroga : « J’aimerais oser de plus en plus, mais il faut créer d’abord une vraie relation entre le public et le directeur ; il faut donner au public le temps d’apprécier les directions que nous prenons. »

Wonny Song sait aussi et surtout que le pilier d’Orford musique reste l’Académie et ses étudiants. C’est là qu’il a imposé un virage stratégique majeur dès son arrivée. Il ne regrette pas d’avoir mis fin à l’orchestre de l’Académie pour recentrer les cours sur les disciplines solistes. « Notre point fort est le piano, le violon et le violoncelle. Certains professeurs de piano sont revenus à Orford depuis deux ans et nous faisons le plein d’étudiants. Mes efforts vont dans le recrutement de professeurs qui vont contribuer à notre réputation internationale. »

Orford musique met en avant la relation entre le professeur et l’étudiant : « Les étudiants rencontrent chaque jour leur professeur et nous témoignent du fait qu’en une semaine, ils apprennent autant qu’en un semestre à l’université ! »

C’est probablement dans le développement de cette mission que des aides financières très attendues pourront être investies.

Festival Orford musique

Du 6 juillet au 14 août