Patrice Michaud et les Majestiques: ç’aura pris les vestons

Patrice Michaud et ses sept musiciens ont livré une première moitié de concert sans anicroche.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Patrice Michaud et ses sept musiciens ont livré une première moitié de concert sans anicroche.

Ç’aura pris les vestons. De beaux vestons argentés, de beaux vestons scintillants dans la lumière des projecteurs. De beaux vestons qui font 1960, ceux des Majestiques, le nom du groupe de Patrice Michaud. Ç’aura pris les vestons pour fouetter une soirée un peu gelée par le temps peu clément.

Ils étaient quelques centaines de courageux, peut-être un peu plus d’un millier, à avoir bravé le petit crachin et le temps froid pour venir entendre le spectacle extérieur de Patrice Michaud, l’homme sympathique aux vers d’oreilles poétiques. Et puis bon, malgré toutes les bonnes intentions du chanteur, malgré son « c’est parti Montréal » bien senti en ouverture lancé pour fouetter les troupes, c’est difficile de démarrer le moteur quand on a un peu d’eau dans le gaz.

Patrice Michaud et ses sept musiciens ont livré une première moitié de concert sans anicroche, enchaînant parmi ses meilleures chansons, les Kamikaze, Cherry Blossom, Éloïse et Le feu de chaque jour, avec peut-être un petit creux de vague avec M’espères-tu, et le slowStop, reprise francisée de Sam Brown.

Michaud, qui en était à ses huitièmes Francos en autant d’années, s’est montré comme à son habitude bien amusant au micro, bon conteur qu’il est. Mais c’était quand même un peu monotone, ou figé. La foule polie applaudissait sans plus, les mains dans les poches pour se réchauffer.

Puis il y a eu les vestons (et les lunettes fumées). Dans un grand capharnaüm en crescendo, toute la bande a enfilé les vestes maléfiques des Majestiques et a joué le jeu des années 1960 sur Julie s’en va, Julie revient. Coup de baguette magique ? La foule en tout cas a repris vie, peut-être aveuglée par les paillettes ou stimulée par les cuivres revigorés et le clavier qui jouaient les Rhodes. On a même vu des téléphones filmer le tout, preuve moderne d’un regain d’intérêt.

Les Majestiques aiment inviter des amis, a souligné Patrice Michaud, avant d’accueillir Yann Perreau et Alex Nevsky, qui ont chanté en alternance deux de leurs titres forts, au grand plaisir du public qui a eu droit à un rare bloc composé du Président danse autrement, des Coloriés, de Beau comme on s’aime et de On leur a fait croire, sur laquelle les « pa-pa-pa » trouvaient un sens nouveau dans l’enrobage musical sixties.

Même si Nevsky et Perreau sont restés sur scène jusqu’au rappel, on a quand même été content de retrouver le répertoire de Michaud pour la dernière ligne droite — la visite, c’est aussi l’fun quand ça ne prend pas trop de place. Je cours après Marie a eu sa finale éclatante, et puis Mécaniques générales son solo de trompette digne de la cavalerie et son refrain final chanté par le public. C’était gagné, même avant les larmes de La saison des pluies.