Masaaki Suzuki, fontaine de musique

Le chef d'orchestre japonais Masaaki Suzuki
Photo: Marco Borggreve Le chef d'orchestre japonais Masaaki Suzuki

Le concert de l’OSM mené par Masaaki Suzuki s’inscrit dans le cadre du Festival Bach.

Toutes les qualités du concert précédent de ce chef à Montréal se sont intégralement retrouvées dans celui-ci, soit une ferveur communicative, que le chef transmet parfaitement à l’orchestre malgré une technique de direction parfois peu orthodoxe. De Bach, dont il a enregistré l’intégrale des cantates, Masaaki Suzuki a dirigé la 2e Suite orchestrale avec en soliste l’excellent Timothy Hutchins, qui oeuvre comme flûte solo à l’OSM depuis 1978. Impeccable rendu de la partition, fluide et sans crispation.

Après une énergique et pondérée ouverture de Don Giovanni de Mozart, Suzuki a accompagné le brillant Martin Fröst dans le Concerto pour clarinette. Bougeant sur scène, comme pour créer une cinétique sonore, Fröst fait bénéficier Mozart d’une sonorité d’une rondeur admirable. Le soliste a ébloui lors de la reprise du 2e mouvement, jouée admirablement à mi-voix, et dans un très volubile Finale.

Montréal est vraiment très chanceux. On ne peut s’empêcher de penser qu’avec Andreas Ottensamer au Métropolitain et Lorenzo Coppola à Arion, l’engagement de Fröst à l’OSM nous a valu d’entendre en deux ans les trois meilleurs interprètes du Concerto pour clarinette de Mozart de la planète musicale. Le tandem Fröst-Suzuki a été formidable, au point où l’on se demande pourquoi Suzuki n’est pas davantage engagé par l’industrie phonographique pour accompagner des concertos.

Le chef japonais a été extraordinaire dans la 31e Symphonie, jouée avec toutes les reprises. Il a su insuffler non seulement une énergie d’ensemble, mais une tonicité à l’intérieur des phrases, avec une justesse du style et des timbres ainsi que des équilibres parfaits.

En préambule du concert, Pierre Goulet, président du Concours OSM Manuvie, a présenté la 78e édition qui a débuté mercredi et se tient jusqu’à samedi. Elle est consacrée aux bois, aux cuivres et au chant. Les épreuves sont ouvertes gratuitement au public, même la finale, qui se tiendra samedi à la Maison symphonique de Montréal. Les épreuves peuvent aussi être suivies en direct sur Internet sur le site de l’OSM.

Magnificence de Bach et de Mozart

Mozart : Don Giovanni (ouverture). Concerto pour clarinette, K. 622. Symphonie no 31, « Paris ». Bach : Suite pour orchestre no 2. Timothy Hutchins (flûte), Marti Fröst (clarinette), Orchestre symphonique de Montréal, Masaaki Suzuki. Maison symphonique de Montréal, mardi 21 novembre. Reprise ce soir.

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