Entre émois et cahier des charges aux 29es Francofolies

L'auteur-compositeur-interprète français Vincent Delerm sera de la 29e édition des FrancoFolies de Montréal, en juin.
Photo: Cauboyz / Tôt ou tard L'auteur-compositeur-interprète français Vincent Delerm sera de la 29e édition des FrancoFolies de Montréal, en juin.

Bon signe. En dépliant la brochure, embrassant d’un regard la programmation en salle des FrancoFolies de Montréal, 29es du nom, j’ai poussé des exclamations. « Aaaaaah ! Ils l’ont convaincu ! Même s’il abhorre l’avion ! Bravo ! » Je venais d’apercevoir Vincent Delerm (qui lui ne me regardait pas : sur la photo, il est tête baissée…). Eh ! Ce n’est pas rien : c’était quand, la dernière fois à Montréal pour ce fin raconteur de la chanson française ? Est-il seulement revenu depuis le tout début, après le premier album, en mars 2003 au Cabaret du musée Juste pour rire ? Je l’ai revu souvent — et aimé tout le temps — aux Francos de Spa, mais j’avais un peu renoncé à le voir franchir la grande mare. En lever de rideau ? Vianney. Nous sommes comblés.

L’inénarrable Katerine au même théâtre Maisonneuve, c’est également du bonheur en perspective (c’est le slogan du festival cette année : « Onze jours de bonheur ! »). On est moins surpris, voilà tout. Je le répète à chaque dévoilement, il nous faut de tels émois pour justifier que les Francos soient les Francos. On veut voir et entendre ceux qui ne viennent jamais. On veut des événements. On veut de bonnes idées. Par exemple, ce programme double Louis-Jean Cormier/Martin Léon : depuis le spectacle-bénéfice de Martin avec son copain Louis-Jean à l’église Saint-Jean-Baptiste, on les souhaite à nouveau ensemble. Exaucés !

De l’unique, de l’audacieux ? Pierre Lapointe, trois soirs durant à la Maison symphonique, créera le spectacle Amours, délices et orgues. Carrément excitant. De la même façon, le spectacle à trois que fomentent Ingrid St-Pierre, Fanny Bloom et la chanteuse française Delphine Coutant attire d’emblée : la proposition est singulière, on est curieux. Yann Perreau qui reprend dix ans plus tard le très mémorable spectacle Perreau et la lune : pourquoi pas ? Un nouveau spectacle de Claude Dubois ? On veut bien tenter le coup, ça fait longtemps. Les Ogres de Barback et Les Hurlements d’Léo, au même Métropolis ? Bon pairage. Ça va lever, c’est assuré.

Obligations

Des FrancoFolies, cela veut aussi dire un cahier des charges. Un certain nombre d’obligations. À commencer par des premières montréalaises : ainsi, Luc de Larochellière, Bernhari, Éric Lapointe, Sally Folk présenteront leurs plus récents albums. Sans oublier les sept représentations de la nouvelle mouture du Demain matin, Montréal m’attend, oeuvre phare du théâtre musical au Québec. Cela suppose des supplémentaires de spectacles déjà plébiscités : ainsi reverra-t-on Fred Fortin, Patrice Michaud, Daniel Bélanger, Catherine Major, Richard Séguin, Peter Peter, Émile Bilodeau, d’autres encore. Notons aussi les montées en grade : l’engouement est tel que Maisonneuve s’ouvre pour une Safia Nolin comme pour une Klô Pelgag.

Pas de Francos non plus sans un lot de découvertes dénichées ailleurs : on fera connaissance avec Georgio, Paradis, Fishbach, le rappeur MHD, Octave Noire. On retrouvera de vieilles connaissances dont les nouveaux albums ont ravi : Thomas Fersen, Albin de la Simone. J’en oublie. J’en oublie toujours. Et il y a encore à venir la programmation extérieure, dont nous ne savons rien sinon que ce sera gros, en cette année d’anniversaires incontournables. Du 8 au 18 juin, pas le choix : faudra choisir.