L’Off du jazz à l’enseigne de Roscoe Mitchell

Le nombre d’albums et de concerts que Roscoe Mitchell donne année après année est incroyable.
Photo: Patrick JB Flynn Le nombre d’albums et de concerts que Roscoe Mitchell donne année après année est incroyable.

Mine de rien, voilà que l’Off Festival de jazz de Montréal en est à sa 17e édition. En d’autres termes, et non des moindres, il a survécu à la stagflation et autres calamités économiques. Pour cela, on dit bravo, mais également pour ceci : cette année, Roscoe Mitchell est à l’affiche. La nouvelle est si importante qu’il faudrait la réciter mille et une fois.

Car qui dit Roscoe Mitchell dit membre du club sélect rassemblant les shamans de l’improvisation, soit Albert Ayler, Dewey Redman, Anthony Braxton, Ornette Coleman, Paul Bley, Henry Threadgill, Lester Bowie, Sun Ra, Muhal Richard Abrams et Archie Shepp. Qui dit Mitchell dit également le jazz du poing tendu, le jazz politique. Qui dit Mitchell dit surtout The Art Ensemble of Chicago, qui est sans contredit l’une des cinq meilleures formations de l’histoire du jazz. Ce qui précède étant un constat et non une opinion, il ne peut être contesté. Nanananèèèrrre…

Si le jazz était une carte géographique, alors ce saxophoniste qui joue de tous les saxes, y compris les plus exotiques ou rarissimes, serait au centre en compagnie de Mingus, de Monk, de Davis et quelques autres. Lui y serait, au centre, pour cette raison : en compagnie de ses amis de l’Art Ensemble of Chicago, il a exploré les sillons des musiques africaines et orientales dans les moindres détails avant de les malaxer avec ces divers folklores qui ont fait le jazz. Pour ce qui est de l’alchimie et de ses secrets, aucune formation n’a fait autant que l’Art Ensemble of Chicago.

En dehors de ce groupe, Mitchell s’est révélé un forcené du travail. Le nombre d’albums et de concerts qu’il donne année après année est incroyable. Parfois il est seul, parfois ils sont deux ou trois, parfois ils sont quinze ou cinquante. Bref, aucune architecture instrumentale ne lui est étrangère.

Toujours est-il que le 15 octobre au Gesù, notre homme va animer, diriger, alimenter le Montréal-Toronto Art Orchestra. En fait, et ainsi que l’indique le programme, il s’agit d’un projet inédit regroupant 10 musiciens de Toronto et autant de Montréal, dont notamment Jean Derome. Le concert débute à 20 h. Le prix du billet : 30 $, ou 20 $ pour les étudiants.

Conversations et classe de maître

Mitchell mis à part, on retient de cette 17e édition les conversations transatlantiques, pour reprendre le titre du show, que vont poursuivre les membres d’une autre grande formation codirigée par la saxophoniste Christine Jensen et la pianiste Maggi Olin. Si l’on a bien compris, elles vont tirer la diagonale entre Monk, Mingus, le rock progressif, les canons du classique et des folklores. Le 6 octobre au Lion d’Or à compter de 20 h. Prix du billet : 30 $.

Le 7 octobre à la salle Tanna Schulich de l’Université McGill, le pianiste allemand Georg Graewe donnera une classe de maître à partir de 15 h 30. L’entrée est gratuite. Le soir, on propose une formation originale : le Voodoo Jazz dirigé par le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, qui explore les musiques qui singularisent la culture vaudou en compagnie de la chanteuse Malika Tirolien et du percussionniste Tiga Jean-Baptiste.

Sinon, on retient le Chasin Trane with McLean, un hommage du saxophoniste Al McLean à John Coltrane, Andres Vial Trio en compagnie du guitariste new-yorkais Peter Bernstein, qui vient tout juste de sortir un album sur l’excellente étiquette Smoke, le 3Rio fondé par le saxophoniste Alex Côté, le batteur Jim Doxas et le guitariste Gary Schwartz. Pour de plus amples informations, on vous suggère d’aller à lofffestivaldejazz.com.