André Prévost et Jacques Hétu à l’apéritif!

Jean-Marie Zeitouni
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Jean-Marie Zeitouni

I Musici de Montréal proposait, jeudi matin, à l’église Saint John The Evangelist de l’avenue du Président-Kennedy, le premier programme de sa série « I Concertini ». Ces concerts diurnes ont pris la relève des « Concerts Ogilvy » d’antan. Celui-ci, très raffiné, autour de la guitare, sera repris au même endroit ce vendredi, à 12 h et 17 h 45, et dimanche, à 16 h.

Outre le fait d’apporter une offre musicale à des heures permettant de toucher un autre public, la série « I Concertini » se distingue avant tout par une programmation inhabituellement inventive qui apporte une proposition artistique vraiment différente. Au rythme de la guitare, particulièrement éloquent, a été choisi par l’ensemble comme programme de tournée en 2017.

Concert de 70 minutes sans pause, Au rythme de la guitare est composé de deux oeuvres pour guitare et orchestre et de deux compositions orchestrales (Turina et Respighi) inspirées ou adaptées de la guitare ou du luth. Le tout est introduit par le Scherzo (1960) d’André Prévost, la toute première oeuvre exécutée par I Musici dans son histoire.

L’ardeur de ce Scherzo plonge rapidement l’auditeur dans le vif de la musique. Prévost y apparaît furieusement bartokien : on dirait la Musique pour cordes, percussion et célesta, sans percussion ni célesta !

L’atmosphère change radicalement par la suite. Jean-Marie Zeitouni, qui introduit intelligemment chaque oeuvre, a avoué connaître particulièrement bien le guitariste Jérôme Ducharme, qui fut son colocataire pendant deux ans — « heureusement, il n’était pas trompettiste », s’est-il amusé ! La complicité fut donc impeccable. Des deux interludes de Federico Moreno Torroba, le 2e est un pur joyau, d’une grande intériorité. Les deux artistes ont donné ensuite une version très bien équilibrée du Concerto pour guitare de Jacques Hétu, sorte de pendant à la guitare du Concerto pour violon de Barber. Hétu, dans une oeuvre voulue très accessible, a brillamment relevé le défi — himalayen après Rodrigo — du mouvement lent d’un concerto pour guitare.

L’encadrement orchestral (Turina, Respighi), parfaitement choisi, est joué avec tenue et un vrai sens de la densité sonore, notamment dans la passacaille de Respighi.

Une sortie très conseillée!

Au rythme de la guitare

Série « I Concertini » d’I Musici de Montréal. Prévost : Scherzo pour orchestre à cordes. Turina : La oracion del torero. Hétu : Concerto pour guitare et cordes. Église Saint John The Evangelist, jeudi 22 septembre. Reprises vendredi 23 septembre, à 12 h et à 17 h 45, et dimanche 25, à 16 h.