I Musici en deux volets

La fin de la saison proposera le concert le plus original, avec une nouvelle transcription du Bœuf sur le toit de Milhaud et la présence de Charles Richard-Hamelin pour le 1er Concerto grosso de Bloch.
Photo: Elizabeth Delage La fin de la saison proposera le concert le plus original, avec une nouvelle transcription du Bœuf sur le toit de Milhaud et la présence de Charles Richard-Hamelin pour le 1er Concerto grosso de Bloch.

Jean-Marie Zeitouni a présenté, mercredi, à Montréal, la saison 2016-2017 d’I Musici.

L’orchestre de chambre, qui tourne en ce moment au Québec avec Charles Richard-Hamelin et donnera à cet effet des concerts à Repentigny le 1er avril et à Longueuil le 2 avril, décline sa saison en deux volets distincts.

Les cinq « grands concerts » seront tous donnés à la salle Bourgie. Pas question de Maison symphonique de Montréal cette année. Question de gros sous, même pour le concert des trois dernières symphonies de Mozart le 24 novembre. Jean-Marie Zeitouni souscrit, pour ces oeuvres, à l’idée de Nikolaus Harnoncourt d’un « oratorio symphonique » en douze étapes et compte, s’il le peut, enchaîner la 39e, la 40e et la 41e en concert.

La saison sera ouverte par une nouvelle réduction chambriste du Chant de la terre de Mahler, réalisée par Glenn Cortese en 2006. Michèle Losier tiendra la partie vocale jadis emblématiquement incarnée par Maureen Forrester. L’association avec une transcription du Quatuor op. 135 de Beethoven annonce une série, étalée sur plusieurs saisons, de transcriptions des derniers quatuors de Beethoven.

Gluzman

I Musici, qui proposera la seconde partie de l’Oratorio de Noël de Bach en décembre, accueillera ensuite son « violoniste chouchou », Vadim Gluzman, pour le sublime Distant Light de Peteris Vasks. La fin de la saison proposera le concert le plus original, avec une nouvelle transcription du Boeuf sur le toit de Milhaud et la présence de Charles Richard-Hamelin pour le 1er Concerto grosso de Bloch, oeuvre que l’on n’a pas entendue depuis belle lurette.

Il faut aussi souligner ici la mutation des anciens concerts Ogilvy, devenus les « Concertini », des rendez-vous musicaux de 60 minutes à l’église St. John the Evangelist, celle avec le toit rouge entre les bâtiments de l’UQAM et face à la Maison symphonique. Jean-Marie Zeitouni a insufflé beaucoup d’originalité dans ces quatre programmes donnés quatre fois à diverses heures de la journée (du dîner au 5 à 7).

Un message à entendre

Concert avec guitare, proposant des oeuvres de Hétu et Prévost ; concert « Orient-Occident » ; programme de concertos pour trompette et concert-lecture rabelaisien devraient attirer un nouveau public. Ce sera bien nécessaire, car I Musici, qui pourtant n’a jamais joué aussi bien, peine à remonter la pente dans la faveur du public. Bien des spectateurs perdus dans les trois dernières saisons très inégales de Yuli Turovsky ne sont jamais revenus. Ils ont bien tort. Mais il faut visiblement répéter le message très souvent pour qu’il soit enfin entendu.