Adieu Vic, bonjour Gogo, enfin les Mavericks!

Lisa LeBlanc troussera le spectacle de son mini-album, en anglais dans le texte.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Lisa LeBlanc troussera le spectacle de son mini-album, en anglais dans le texte.

Chacun son émoi. J’en connais qui vont se pincer jusqu’à se bleuir la peau : Taj Mahal, John Mayall et James Cotton réunis à Wilfrid, pour vrai ? Pour vrai. Et ils joueront… ensemble ? Ça se peut. D’autres brandissent déjà leur numéro de carte bancaire, histoire de ne pas rater le très grand Stanley Jordan dans le tout petit Gesù. Et si je vous dis Mika ? Il a des fans, Mika, foule de fans, en masse pour son Wilfrid à lui.

Ou alors Kurt Rosenwinkel ? Pas les mêmes fans, mais le guitariste jazz new-yorkais a ses inconditionnels (l’intarissable programmateur-fan André Ménard nous apprend qu’Eric Clapton est du nombre), et les trois spectacles où ce champion de Kurt officiera dans le cadre de la série Invitation seront courus, je gage que ça court déjà (billets en vente dès jeudi, midi pile). L’offre est diversifiée jusqu’à l’écartèlement au Festival international de jazz de Montréal, et la programmation en salle de la 36e édition, telle que dévoilée mardi matin à L’Astral, fournira du 26 juin au 5 juillet de quoi rassasier les insatiables, grands appétits et fines bouches.

Et moi ? Je fais des galipettes. Pensez qu’on m’amène The Mavericks. Le meilleur groupe country-pop de l’univers (à tout le moins mon univers), au même programme que la prêtresse hors-la-loi du country-folk douloureux, j’ai nommé Lucinda Williams, et le cultissime Justin Townes Earle. Mesurez.

On est certes content de trouver dans cette programmation le Steve Miller Band, Huey Lewis and The News, on ira les voir, on va chanter les refrains et tout, mais les Mavericks, c’est franchement l’occasion unique : il avait fallu aller à Ottawa pour les trouver dans les années 1990. Ça fera ma joie, entre autres préférences toutes personnelles : mentionnons les duos Whitehorse et Milk Bone, et n’oublions pas Lisa LeBlanc, laquelle troussera le spectacle de son mini-album, en anglais dans le texte.

Le jazz au FIJM

Et le jazz dans ce festival de jazz ? Les grands noms y seront : Stanley Clarke, Wayne Shorter, Ron Carter, Al Dimeola, Joshua Redman, John Scofield avec Joe Lovano, Patricia Barber, tant d’autres. Notre Vic Vogel fera officiellement ses adieux à la scène, pour ses 80 ans : la sciatique est trop méchante. Notre Oliver Jones s’offrira une soirée à quatre pianistes, avec John Roney, Julie Lamontagne et Matt Herskowitz. John Medeski se la jouera solo, lui, et notre Lorraine Desmarais aussi.

Ceux qui savent, savent qu’il faudra suivre les aventures du contrebassiste Avishai Cohen, en diverses configurations. Et les férus de la scène jazz londonienne iront fureter du côté de Gogo Penguin. C’est ça aussi, le FIJM : une rumeur intense, où l’on trouve son chemin en suivant les balises des éclaireurs éclairés, en même temps que son propre instinct. André Ménard en a beaucoup à dire sur Gogo Penguin et Avishai Cohen.

Mais encore ? Prenons Jamie Cullum en exemple. La vedette se produira en spectacle. Soit. Mais après son spectacle, Jamie en dirigera un autre, lequel sera enregistré par la BBC, une première au FIJM. Un événement en soi. Autre exemple : John Pizzarelli, que l’on a vu souvent au festival, y fera du… Paul McCartney. À la demande de celui-ci, nous susurre-t-on. Des exemples comme ça, il y en a treize à la douzaine, on en remplirait le journal. Et on ne sait rien encore de la programmation extérieure. Êtes-vous étourdis ? Autant qu’excités, assurément.