Le pianiste Christian Blackshaw chez I Musici

Jean-Marie Zeitouni, directeur artistique d’I Musici de Montréal
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Jean-Marie Zeitouni, directeur artistique d’I Musici de Montréal

Jean-Marie Zeitouni a rendu publique, mercredi, la saison 2015-2016 de l’ensemble I Musici. La série des « Grands Concerts » s’ouvrira le 5 novembre en affichant le pianiste anglais Christian Blackshaw.

Après l’article du Devoir titré « Un géant sort de l’ombre », un portrait de Christian Blackshaw, pianiste inconnu et génial de 63 ans, deux acteurs de la musique au Québec avaient manifesté rapidement leur intérêt : Jean-François Rivest, qui engagea le pianiste anglais pour un récital au Centre d’arts Orford en 2014, et Jean-Marie Zeitouni. Pour ce dernier, le rêve d’une collaboration musicale est devenu réalité et se matérialisera dans le dernier concerto de Mozart, le fameux K. 595, l’oeuvre « signature » du maître à penser de Blackshaw, Clifford Curzon.

« Je vous dois de nous l’avoir présenté. À l’écoute de l’enregistrement des sonates de Mozart, j’ai été véritablement bouleversé de sa musicalité, de sa poésie, de sa profondeur, mais aussi de sa très grande simplicité. C’est important pour nous de l’inviter », dit Jean-Marie Zeitouni au Devoir. À ce même concert, à la salle Bourgie, le chef québécois dirigera Dumbarton Oaks de Stravinski et la 5e Symphonie de Schubert.

Une Maison symphonique hors de portée

Pour des raisons budgétaires, I Musici ne peut se payer la Maison symphonique de Montréal cette saison. Le temps que prend le retour en grâce de cet ensemble largement revenu à son meilleur niveau, après la lente dérive et dégradation des dernières années de Yuli Turovsky, est plus long que prévu. « Je suis très surpris que la reconquête prenne autant de temps, mais le marché est plus compétitif. J’ai consacré beaucoup d’énergie à améliorer le groupe. Il fallait apparemment être un peu naïf pour penser qu’il suffirait de quelques bons concerts pour que les gens reviennent. Nous avons maintenant un nouveau plan de marketing sur cinq ans pour récupérer notre public », avouait le chef mercredi.

Les autres « Grands Concerts » programmeront les trois premières cantates de L’oratorio de Noël de Bach, en décembre, la 14e Symphonie de Chostakovitch en février et le Concerto pour violoncelle de Schumann par Stéphane Tétreault en mai.

Les anciens Concerts Ogilvy sont déclinés en concerts de 11 h le jeudi, avec café, de midi le vendredi, avec boîte à lunch, de 17 h 45 le vendredi, avec apéro, et de 14 h le dimanche, avec thé. Les programmes ratissent large : Quatre saisons, airs baroques pour mezzo, musique pour pipa, classiques slaves (Janacek, Tchaïkovski) et programme français érudit, juxtaposant Roussel, Dubois, Alkan et Debussy.

Renseignements : 514 982-6038

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Abonné 2 avril 2015 08 h 13

    Bravo pour la programmation mais...pas pour la salle

    Tous espèrent que cette magnifique programmation fera revenir les mélomanes aux concerts de cet ensemble dont le nouveau chef est excellent et dynamique.
    Triste néanmoins que l'on ait choisi la salle Bourgie, puisque l'on ne peut plus se payer la Maison symphonique, dont les qualités ont été exagérées, en délaissant par exemple la salle Pierre-Mercure dont l'accoustique est même meilleure et qui a un accès souterrain direct par la station de métro la plus centrale à Montréal ou même la salle Claude-Champagne (quoique là il faut gravir la côte...).
    Jean-Luc Malo
    abonné, celui que M. Huss a déjà dénommé "l'inénarrable"...