Tours de force au Festival Bach

Le coup d’envoi du Festival Bach sera donné ce dimanche à la Maison symphonique, avec le célèbre Freiburger Barockorchester.
Photo: Marc Borggreve Le coup d’envoi du Festival Bach sera donné ce dimanche à la Maison symphonique, avec le célèbre Freiburger Barockorchester.

Le 8e Festival Bach se tiendra dans la métropole du 23 novembre au 7 décembre. Coup d’envoi, ce dimanche à 15 h à la Maison symphonique, avec le célèbre Freiburger Barockorchester.

L’Orchestre baroque de Fribourg, l’un des orchestres baroques les plus connus au monde, partenaire attitré de nombreux projets musicaux de René Jacobs, est de retour au Québec après une visite à Lanaudière en 2008.

Sous la direction de leurs Konzertmeister Petra Müllejans et Gottfried von der Goltz, les musiciens allemands présenteront les concertos pour violon de Bach : les Concertos en la mineur BWV 1041 et mi majeur BWV 1042, mais aussi le Concerto pour deux violons BWV 1043 et le Concerto pour trois violons, adapté de Vivaldi. Du compositeur italien, l’orchestre jouera la Sinfonia de l’Olimpiade et une Sinfonia pour cordes en la majeur.

Pour un festival assez chichement soutenu par les pouvoirs publics, c’est un tour de force de faire venir de telles pointures. Mais le Festival Bach est coutumier de cette témérité : rappelons-nous la venue de Philippe Herreweghe et de son ensemble dans l’Oratorio de Noël en 2012.

Autres pointures

Avec à l’affiche Trevor Pinnock et Maasaki Suzuki, le Festival Bach ne met pas toutes ses billes dans le premier rendez-vous ! À 67 ans, Trevor Pinnock est l’un des piliers du renouveau de la musique baroque. Il fut le premier à lancer la vogue des orchestres baroques en créant, en 1972 à Londres, The English Concert, un an avant l’Academy of Ancient Music de Christopher Hogwood.

Pinnock a glané une notoriété internationale en enregistrant l’une des toutes premières versions en disque compact des Quatre saisons (Archiv), interprétation qui fit très longtemps autorité.

Trevor Pinnock a été choisi par les Violons du Roy pour remplacer Bernard Labadie dans Le Messie de Haendel. Ce concert, avec la Chapelle de Québec et les solistes Miriam Allan, Allyson McHardy, Allan Clayton et Andrew Foster-Williams, aura lieu le 5 décembre à 19 h 30 à la Maison symphonique. Il sera également présenté dans la saison des Violons du Roy à Québec.

Élève du parrain du Festival Bach, Ton Koopman, Maasaki Suzuki, 60 ans, est l’un des interprètes les plus intéressants du Cantor de Leipzig. Le baroqueux de Kobé qui a parachevé il y a quelques mois l’intégrale de référence des cantates de Jean-Sébastien Bach vient de réaliser ni plus ni moins que sa propre édition du Requiem de Mozart, qu’il a enregistré pour l’étiquette Bis. À Montréal, il dirigera l’OSM les 3, 4 et 7 décembre dans la 3e Suite et le Magnificat de Bach, suivis du Psaume 115 et de la 4e Symphonie de Mendelssohn. Ses solistes seront Hélène Guilmette, Robin Blaze, Colin Balzer et Christian Immler.

Des solistes

Le soliste-vedette de cette édition 2014 n’est peut-être pas connu du grand public, mais c’est un phénomène très attachant, à en juger par son premier disque, paru chez Deutsche Grammophon. C’est un joueur de mandoline israélien de 36 ans, Avi Avital. Inutile de dire que le label jaune n’avait jamais mis sous contrat un virtuose de la mandoline ! Avital, qui se passionne aussi pour les musiques traditionnelles, fait la promotion de son instrument de la Philharmonie de Berlin jusqu’en Chine, en passant par l’Amérique du Nord. Lors du Festival Bach, il se produira le 1er décembre à l’église anglicane Saint-Jean-l’Évangéliste dans des transcriptions de la Partita pour violon BWV 1004 et de la Sonate pour violon et clavecin BWV 1019, ainsi que dans des oeuvres de Valentini, de Vivaldi, de Beethoven (eh oui, Beethoven a écrit pour la mandoline !) et de Domenico Scarlatti.

L’autre grand soliste, le pianiste Sergeï Babayan, jouera le 1er Livre du Clavier bien tempéré le samedi 29 novembre à la salle Bourgie. Ce sera à ma connaissance le premier Festival Bach sans concert des Variations Goldberg. Le rendez-vous de 2015 n’en sera que plus attendu…

Enfin, parmi les invités, on compte aussi le Concerto Melante Amsterdam, un quatuor réuni autour du claveciniste Leon Berben, qui interprétera l’essentielle Offrande musicale, jeudi prochain à la salle Bourgie, ainsi que les I Musici « originaux », ceux de Rome, en concert le dimanche 30 novembre à 18 h, avec le Concerto pour clavecin BWV 1055,aux côtés d’oeuvres de Vivaldi, de Corelli, de Telemann et de CPE Bach.

Comme chaque année, nos artistes d’ici sont impliqués dans le Festival : les organistes Mireille Lagacé et Jean-Willy Kunz ; Pentaèdre, avec une transcription de choral pour quintette à vents et une création d’Éric Champagne ; l’Orchestre de chambre McGill, avec les concertos pour plusieurs clavecins (mardi à la salle Bourgie) ; Arion, à travers un hommage à Carl ÙPhilipp Emanuel Bach ; le Theatre of Early Music de Daniel Taylor, avec, notamment, Zadok the Priest de Haendel, ainsi que le Choeur Saint-Laurent dans l’Oratorio de Noël.

Enfin, la pianiste Hilda Huang, lauréate 2014 du Concours Bach de Leipzig, tentera de nous subjuguer autant que Rémi Geniet en 2013, un surdoué que l’on aimerait revoir bientôt à Montréal.

Festival Bach

25 activités, dont 21 concerts, dans neuf salles du 23 novembre au 7 décembre. Billets : 514 989-9668.

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