Color Violeta

Color Violeta
Photo: Julian Larrea Color Violeta

Ce groupe montréalais porte le prénom de Violeta Parra, en reprend plusieurs de ses grandes chansons et lui rend hommage sans être un groupe-hommage, tellement ses versions sont originales. En 2012, Color Violeta a lancé Gracias, un très beau disque consacré à l’oeuvre de son artiste fétiche. Après s’être produit au Chili, en Bolivie, en Allemagne, en France et bien sûr au Québec, le groupe remet ça ce samedi au Gesù avec deux invités dignes de mention : Alejandro Venegas, le grand frère d’Intakto, et Irem Bekter, qui a vécu deux décennies en Argentine, pays de Mercedes Sosa, qui avait beaucoup à voir avec Violeta Parra.

Violeta avait composé Gracias a la vida, un « merci la vie » magistral d’humanité... avant de se suicider en 1967. Elle est devenue l’icône de la chanson chilienne, traditionnelle ou pas. Son oeuvre est monumentale et multidisciplinaire. Née d’une famille d’artistes, elle a consacré une grande partie de sa vie à faire reconnaître la culture populaire de son pays, réalisant du collectage de chansons traditionnelles, d’abord à Santiago, puis dans les autres régions chiliennes. Violeta fut, entre autres, l’artiste à la guitare à l’épaule, la porteuse de l’âme humaine, l’auteure-compositrice aux chansons qui devinrent plus sociales à la fin de sa vie et l’une des figures de la Nueva Canción Chilena, mouvement de fond qui accompagnera les transformations politiques du temps de Salvador Allende. Violeta fut également la mère d’Isabel et Angel Parra, le père d’Angel Parra Orrego qui collabore à la guitare électrique au disque de Color Violeta.

Le destin de Violeta fut tragique, mais sa musique est lumineuse, et Color Violeta le capte très bien. Sous la direction du percussionniste et multi-instrumentiste Daniel Emden, le groupe explore le répertoire de l’icône dans un style complètement différent de celui des années 1970 que des groupes comme Inti Illimani ou Quilapayun ont propulsé. Ici, les rythmes traditionnels sont maintenus, mais avec plus de place accordée à la contrebasse, aux percussions, aux passages atmosphériques, aux inflexions de jazz et à l’improvisation. Le groupe rassemble d’excellents musiciens : Willy Rios, une perle montréalaise du charango et d’autres instruments andins ; Pedro Diaz, dont la douceur de la voix rappelle celle de Victor Jara, un grand complice de la Violeta ; Hugo Larenas à la guitare classique et Sébastien Pellerin à la contrebasse, qui arrondissent et embellissent la musique.

Au Gesù, samedi 22 novembre à 20 h. Renseignements : 514 273-7713, info@colorvioleta.ca