L’année du fabuleux Belge Stromae

Stromae a attiré beaucoup de spectateurs, faisant danser Montréal.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Stromae a attiré beaucoup de spectateurs, faisant danser Montréal.

Oui, le grand réchauffement avec Louis-Jean, oui la grande décharge émotive avec Ingrid St-Pierre, oui la grande Catherine Ringer avec Plaza Francia, mais ces Francos 2014 seront, à jamais, les Francos du fabuleux rappeur-chanteur belge. Sans faille, Stromae ? Sans faille.

Le moment calorifère : Rien qu’à voir Frank Lafontaine se démener sur ses claviers pendant la portion Jimmy Hunt de l’événement d’ouverture fomenté façon Louis-Jean Cormier, on se les gelait moins dans nos braies.

Le moment quiproquo un peu nono : Oui, je me suis demandé ce qu’ils avaient tous à m’ovationner, pour comprendre que c’était pour Fiori, dans la loge au-dessus de ma tête, à la fin des Fioritudes.

Le moment sans carapace : Nous étions quatre au spectacle d’Ingrid St-Pierre, et tout un Maisonneuve avec nous, et chacun a eu les yeux dans l’eau pendant SA chanson. Mais comment Ingrid connaît-elle ainsi nos vies ?

Le moment de joie d’enfant :Stromae qui déclare que « Montréal, tu feras… ta fête ! », et Montréal qui, du parterre au plafond, se lève d’un bond et danse, danse, danse.

Le moment terrifiant, mais néanmoins stupéfiant de beauté : Le « tableau cancer » pendant Quand c’est ?, alors que l’ombre d’un insecte géant, inexorablement, a fini par bouffer Stromae, ses musiciens et l’écran tout entier. Un peu plus et le Centre Bell y passait.

Le moment fillette tu n’es plus fillette : Émilie Simon s’évertuant à jouer la carte prépubère et petit chaperon rose, comme si la mi-trentaine était une tare.

Le moment de fin cinquantaine glorieuse : Catherine Ringer s’avançant, port altier, sourire carnassier, dans sa robe-fourreau d’orange, d’or et de brillants pour rejoindre Müller et Makaroff du Gotan et chanter le tango nouveau.

Le moment du choix déchirant : Aller à Plaza Francia, c’était louper -M-, et vice versa. Les Francos, c’est beaucoup ça : ce qu’on vit d’exaltant pendant qu’il se passe autre chose d’exaltant. Mais ce soir-là, c’était joie et punition à la fois.

Le moment intimidant : Isabelle Boulay sous le regard de Reggiani, en plan visage immense sur un grand panneau. Comment a-t-elle pu chanter quand même ? Forte, Isabelle.

Le moment endémique : Parler, toutes les Francos durant, avec des gens qui ont vu Stromae et tous résumer l’expérience par le même mot. « Malaaaaaaade ! »