Épatant Nevsky

Alex Nevsky lors du dévoilement de la programmation des FrancoFolies de Montréal.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Alex Nevsky lors du dévoilement de la programmation des FrancoFolies de Montréal.

Épatant le chemin d'Alex Nevsky depuis quelques années. Épatant ce qu'il a livré mardi au Club Soda dans le cadre des FrancoFolies. C'est à croire que le chanteur semble s'en être extirpé de toutes les cases plus ou moins heureuses dans lesquelles il s'était embourbé en début de carrière.

 

On arrivait à son concert avec de minces attentes, basées sur ce qu'on avait vu de lui dans le passé, avec nos bémols de bases, nos préjugés réguliers. Nevsky avec sa belle gueule, Nevsky avec son air fendant, Nevsky un peu tout croche sur scène, Nevsky et ses hymnes et ses «pa-pa-pa», gna, gna, gna.

 

Mais il nous a épaté comme un pro, le v'limeux. Complètement transformé, le chanteur de pomme. Son concert était un vrai feu roulant, passant de pièces hop la vie à balades tendres, habilement enfilées, sans temps mort. Cabotin mais pas dissipé, Nevsky s'est montré hyper sympathique, dirigeant la foule comme peu le font, avec doigté mais fermeté, lui faisant ainsi faire ce qu'il voulait. Un Club Soda qui danse un slow commun sans trop se faire prier? Plutôt rare. Combien de fois on a éclaté de rire? Cinq, six? Qui peut dire mieux?

 

Prétentieux, le beau gosse? Rempli d'autodérision, plutôt. Rendu à J'aurai des mains, il raconte à la foule qu'il a repris une phrase de George Dor, «L'homme est le plus beau des monuments quand il se tient debout». «Je l'ai pris pour l'encourager», a-t-il lancé, pince sans rire. «Moi j'ai écrit «Je danse le boogie sur un arc-en-ciel », quand même».

 

Et puis avec son groupe du tonnerre — incluant Gabriel Gratton et Laurence Lafond-Beaulne —, on n'a pas eu droit à un concert timide, ni à un show générique. Ç'a rebondissait, ça vibrait, par moment on aurait cru entendre le groupe tout étoile de Marie-Pierre Arthur, mais avec des refrains de tueurs en série. C'était aussi un groupe qui, rebondissant sur une blague lancée à la sauvette, a pu jouer Le picbois de Beau dommage. Et pasticher Grégory Charles, tant qu'à y être. Un groupe qui peut rendre la reprise de Help Myself de Gaetan Roussel sans gêne. Un groupe qui peu s'effacer le temps d'une pièce douce comme Loin, chantée ici avec Les soeurs Boulay, qui ont également aidées à Fais battre ton tambour.

 

Et puis rendu aux «pa-pa-pa-dapa» d'On leur a fait croire, et puis aux «oh-oh-oh» des Coloriés, hé ben on a chanté, parce qu'après cette leçon de scène, on ne pouvait pas bouder notre plaisir tout nouveau d'aimer Alex Nevsky presque sans gêne.

 

Éléphant
 

En ouverture, le groupe français Éléphant, un choix très pop d'été, allait de pair avec l'esprit de Nevsky. À la base, le groupe est un duo formé de la chanteuse Lisa Wisznia et du guitariste-chanteur François Villevieille, pas 30 ans ni l'un ni l'autre. Sur scène ils étaient quatre en tout, accompagnés d'un bassiste et d'un batteur-démarreur de séquences.

 

Dans sa robe rose à paillette, la chanteuse dansait comme danse les Françaises dans les films rétro, en ondulant les bras manière yéyé. Lui, collé tout près d'elle, grattait sa guitare avec entrain, même qu'avant la fin de la première pièce, ça se dandinait devant. Les deux ont chanté ensemble pratiquement tout le long, mais sans harmonies vocales. Une jolie découverte toute simple, qui faisait penser à un hybride de Vanessa Paradis, de -M- et d'un groupe swing ou rockabilly.