Les 5 meilleurs disques francos d’ailleurs en 2013 - Stromae, où t’es? Stromae, t’es premier!

Stromae, qui a fait une surprise aux Montréalais sur la Place des Arts en octobre dernier, a créé un disque qui tient du génie, selon notre journaliste.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Stromae, qui a fait une surprise aux Montréalais sur la Place des Arts en octobre dernier, a créé un disque qui tient du génie, selon notre journaliste.
Tous sixièmes, presque cinquièmes, ils orbitent dans la nébuleuse de ce trop petit système solaire à quatre planètes tournant autour du soleil Stromae : mentionnons en toute justice les fiers disques de Saule, Hubert-Félix Thiéfaine, Amélie-les-Crayons, Granville, Daphné chantant Barbara, sans oublier le coolissime minialbum de Kate & Joe BB (un duo belge, comme le nom l’indique). Le bonheur des bons disques, c’est quand même le trop-plein. Et ce fut vrai cette année au Québec comme dans la francophonie.



1. Stromae, Racine carrée. Alors on danse était simple signe avant-coureur, a-t-on compris dans les pieds, le corps, le cœur et la tête : l’incroyable Paul Van Haver (dit Stromae) a fait rebelote et dix de der. Deux autres bondissants et pertinents tubes (et leurs clips correspondants) ont tapissé l’été, l’ode brellienne aux exclus Formidable et le drame de l’enfance sans père Papaoutai, préparant le terrain à ce deuxième album franchement phénoménal. Comment il fait, ce grand dégingandé de Belge à nœud papillon, si souriant et si sage, pour rentrer à ce point dans le vif du sujet, remuer tant pendant qu’on se déhanche ? Du génie, y pas d’autre mot. D’une génération l’autre on se le propage, tout le monde danse et puis tout le monde pense.

2. Giedré, Mon premier album vendu dans les vrais magasins. Ça se présente album pour enfants, lilas et turquoise, chanteuse un brin Fanfreluche, bédé à l’intérieur, mais la vraie couleur des chansons guitare-voix de Giedré Barauskaité se trouve dans la petite bouse du plus joli brun, en bas à droite. Et l’avertissement aux parents. Ceux qui pratiquent GiedRé depuis son premier disque autoproduit en 2011 savaient : la jeune femme est férocement drôle, véritable piranha de la rime riche. Zéro tabou qui tienne, GiedRé cause obésité morbide, suggestions pour se suicider, et on rigole à s’en donner la jaunisse. La thérapie qui mord dans le gras du bide !

3. Étienne Daho, Les chansons de l’innocence retrouvée. Le bel Étienne, sauvé in extremis d’une péritonite maudite, nous est revenu revigoré, rajeuni, à 57 ans plus maître que jamais de sa chanson pop, renouant avec la suave indolence de Paris ailleurs, l’album de 1991 qui se déhanchait tout seul. Retour à la transe départ : cordes qui serpentent, groove en apesanteur, timbre incroyablement doux, mélodies qui tourne et tourne autour de deux, trois notes pénétrantes, c’est notre Étienne à la rencontre de lui-même. Et de ses fans ravis, du coup.

4. Thomas Fersen & The Ginger Incident, Thomas Fersen & The Ginger Incident. Après la galerie sombre de Je suis au paradis, l’ami Toto avait envie de rigoler pour rigoler. Nouveaux gaillards pour album égrillard, le groupe The Ginger Incident a fourni l’énergie, tel Fred Fortin au temps de Trois petits tours. Orgue Farfisa partout, soul-pop qui s’assume, pétarade de cuivres, on est comme dans une grande émission de variétés des années 1960, mais avec des chœurs d’enfants et des tourbillons de cordes folles : totale réinvention ! On dirait du Nino mais non, c’est pas du Nino : c’est bel et bien du Fersen, du sain Fersen, de l’épatant Fersen.

5. Vincent Delerm, Les amants parallèles. Ni film ni roman, à peine des chansons. L’histoire d’un couple, découpé en quinze vignettes. Plans rapprochés, plans larges. Détails. Petites choses qui en disent long. Cet album est une expérience fascinante. On suit cette vie, la rencontre, les premiers ébats, le gars qui va vivre chez la fille et fait l’inventaire de ce qu’il y trouve. Et ainsi de suite. Plus tard des enfants, ce qui change quand il y a les enfants, presque la rupture et finalement non. Tout ça. Passionnante chronique. Si j’ose dire : un disque en voix off.



 
3 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 20 décembre 2013 13 h 22

    En fait GiedRé c'est Lynda Lemay sur l'acide

  • paul beliard - Inscrit 23 décembre 2013 19 h 55

    GiedRé : Hansel et Gretel ...

    Relisez les frères Grimm ...