Festival Bach - Philippe Herreweghe dans le coeur du sujet

Le chef Philippe Herreweghe, natif de Gand, a créé dans sa ville natale, à l’âge de 23 ans, l’ensemble musical avec lequel il se produit à Montréal.
Photo: Festival Bach de Montréal Le chef Philippe Herreweghe, natif de Gand, a créé dans sa ville natale, à l’âge de 23 ans, l’ensemble musical avec lequel il se produit à Montréal.

Mercredi et jeudi soir, en clôture du Festival Bach, Philippe Herreweghe dirigera l’Oratorio de Noël de Jean- Sébastien Bach. Il a donc choisi le coeur de son répertoire pour se présenter pour la première fois à Montréal.

Philippe Herreweghe dirige des orchestres de plus en plus grands et des oeuvres de plus en plus romantiques. Il vient d’achever son intégrale des symphonies de Beethoven pour l’étiquette PentaTone et semble amorcer un cycle Schubert pour la même étiquette.


L’artiste, qui s’est fait connaître chez Harmonia Mundi, rêvait d’enregistrer Bruckner. L’éditeur français renâclait, mais plia tout de même trois fois - pour les Symphonies nos 4, 5 et 7. Depuis quatre ans, le divorce est consommé et le chef natif de Gand, qui a créé dans sa ville, à l’âge de 23 ans, cet ensemble musical avec lequel il se produit à Montréal, est devenu lui-même éditeur de disques.


Sur son étiquette Phi, distribuée par SRI au Canada, Philippe Herreweghe publie les enregistrements du Collegium Vocale Gent et de l’Orchestre des Champs-Élysées. Les sept premières parutions ont été consacrées à la 4e Symphonie de Mahler, à la Missa solemnis de Beethoven, à des oeuvres pour choeur et orchestre de Brahms, à l’Office des morts de Victoria et à trois disques Bach : une nouvelle Messe en si, de nouveaux motets et un CD de cantates composées à Leipzig.


Ses disques avec l’Orchestre royal de Flandres paraissent chez PentaTone. Mais c’est dans Schütz et Bach que Herreweghe est dans son royaume et à son meilleur. Toutefois, venir du baroque pour interpréter les romantique a son intérêt : Herreweghe trace ainsi de justes parallèles entre Schütz et l’oeuvre chorale de Brahms, insistant sur une leçon majeure, soit que la mise en musique d’une parole est avant tout l’amplification de cette parole.


« Le point de départ de la vocalité est la parole et non le sostenuto généralisé de la tradition lyrique tardive, consistant à “ faire sonner ” d’abord et à coller le texte dessus ensuite », disait-il au magazine Répertoire à l’époque de l’enregistrement du Requiem allemand. C’est assurément une recette tout aussi édifiante dans Bach et qu’il tentera de mettre en oeuvre sous nos yeux.

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