Concerts classiques - Claire Guimond remporte la mise

Le Festival Bach 2011 s'est clos en fin de semaine avec un concert, du genre «Bach pour tous», proposé par Arion. Le chef annoncé était Jaap ter Linden, qui tenait le rôle de premier violoncelle. En fait, il y avait quatre chefs potentiels: Ter Linden, parce que c'était marqué sur le programme et qu'il faisait quelques gestes de temps en temps; Hank Knox, lorsqu'il occupait le poste central de claveciniste face à l'orchestre: Claire Guimond, qui oscillait de la flûte dans la 2e Suite, et Chantal Rémillard, au poste clé de premier violon, qui reste le point de mire des musiciens. Sur le plan musical, tout le monde ramait heureusement dans le même sens.

Avant la Cantate Widerstehe doch der Sünde, seconde pièce au programme, nous avons eu droit à une (nécessaire) séance d'accord. Faire la même, sérieusement, avant de commencer le concert aurait peut-être évité la quasi-cacophonie du premier volet du Concerto BWV 1056, joué avec hautbois solo. Même Matthew Jennejohn n'«était pas dedans». Le concerto s'est amélioré en cours d'exécution, mais la première pièce d'un concert ne devrait pas être si ouvertement neutralisée pour se transformer en vague échauffement collectif.

Pour le reste du concert, Arion a bien paru, surtout dans la 2e Suite, jouée avec beaucoup de finesse dynamique et de raffinement par Claire Guimond. La directrice artistique d'Arion s'y est montrée bien meilleure musicienne que plusieurs solistes étrangers — notamment le clarinettiste Frank van den Brink et le violoniste Dimitri Sinkovski, bourreaux de Mozart — invités ces dernières saisons. On retient par exemple la parfaite pulsation du Rondeau, des Bourrées et du Menuet, mais aussi le son jamais forcé.

Quant à la mezzo Meg Bragle, j'en attendais bien davantage après la Passion selon saint Jean l'an passé. Dans une église, avec deux airs isolés dans un concert de deux heures, le timbre assez androgyne passe bien. Mais en vedette unique de cantates de 20 minutes dans une salle à l'acoustique impartiale, l'exercice est plus cruel, car le timbre est froid, la voix haute dans le masque et raide, changeant de couleurs de manière peu élégante. De plus, l'alliance avec l'orgue dans le second air de la BWV 170 ne se faisait pas et sentait même l'impréparation de part et d'autre.

Concert honorable, sans plus, qui ne marquera pas l'histoire du festival.

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