Festival Off de Québec - Valérie et L'Initiation... pour la musique

Québec — La formation Call Me Poupée est à l'origine de la proposition la plus inusitée de l'été: un spectacle-hommage à la musique des films érotiques québécois des années 1960 et 1970.

Vous avez bien lu. Aux sceptiques, le Festival Off de Québec propose même une bande-annonce (www.quebecoff.org/multimedia.php). Cela étant dit et clarifié, on se doute bien que ce n'est pas pour leur musique que Valérie et L'Initiation ont été de grands succès populaires.

Et pourtant, ce n'est pas le talent qui manquait, soutient Ken Fortrel, de Call Me Poupée. «La musique de L'Initiation avait été conçue par François Cousineau. C'est ça qui avait lancé sa carrière, tout comme celle de Diane Dufresne. La chanson Un jour il viendra mon amour avait été un succès débile!»

Outre Cousineau, les autres compositeurs demeurent méconnus, poursuit le musicien, qui a mené ses recherches avec un sérieux inversement proportionnel à l'esprit déjanté du spectacle.

Ainsi, on doit la musique de Valérie à un certain Michel Page, jadis conjoint et gérant de Danielle Ouimet. Jacques Crevier a quant à lui signé celle d'Après-ski et un certain Paul Baillargeon avait réalisé celle de Viens mon amour avant de se commettre, des années plus tard, dans la bande sonore de composantes de la saga Star Trek.

Très soul et funk, la musique sera réinterprétée, ce soir, par une dizaine de musiciens, à l'exception notable de DJ Ram (collaborateur de premier plan de Call Me Poupée), qui travaille justement sur la musique d'un film.

Le duo a donc rassemblé Satan Bélanger (des Biberons bâtis, qui fait un retour après 10 ans d'absence), Mingo L'Indien (des Georges Leningrad), Otis Fodder (des Bran Flakes), Tony Ezzy et la section de cuivres du groupe Les Skopitones. On a ainsi créé pour l'occasion un groupe du nom de... Deux chaises en or.

«On n'a pas complètement changé les chansons, poursuit Fortrel. On les a un peu remises au goût du jour; certaines ont un côté plus psychédélique et on a sali celles qui étaient plus gentilles.»

Ludwig Wax, du groupe Le Nombre, va quant à lui intégrer à la musique des extraits audio tirés des films, dont on projettera les images sur les musiciens. Bref, on a mis toute la gomme et déjà la rumeur destine le projet au Festival Pop Montréal de l'automne prochain. Pour les 40 ans de «1969, année érotique», quoi demander de mieux?

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Érotique PQ, au Studio P, ce soir à compter de 21h30.