Musique classique - Festival Bach, seconde édition

Sabine Pletat, directrice générale du Festival Bach, le chef de l’OSM, Kent Nagano, et Alexandra Scheibler, présidente et directrice exécutive du festival.
Photo: Sabine Pletat, directrice générale du Festival Bach, le chef de l’OSM, Kent Nagano, et Alexandra Scheibler, présidente et directrice exécutive du festival.

Deux ans après sa création, le Festival Bach de Montréal reprend le devant de la scène, du 2 au 12 décembre 2007. Ce n'est pas là une petite manifestation, mais l'un des rares festivals musicaux classiques du Québec qui vise un retentissement international.

Le Festival Bach de Montréal a été créé en 2005 par la musicologue Alexandra Scheibler, présidente et directrice exécutive de la Bach-Académie, et par Sabine Pletat, sa directrice générale. Si la première édition, à l'exception de la prestigieuse visite de Reinhardt Goebel, se présentait avant tout comme une concentration autour de Bach de la programmation de concerts d'organismes montréalais (Arion, Les Idées heureuses, le Studio de musique ancienne de Montréal... ), ce second festival affiche d'emblée une ouverture internationale plus grande et la quête de références bien établies.

«Nous étions sûrs de continuer et nous sommes décidés pour une manifestation biennale qui nous permettait de prendre le temps de soigner la qualité et de faire les choses au mieux», résume Alexandra Scheibler en entrevue au Devoir.

Cette quête d'excellence passe par la présence d'un porte-parole prestigieux, Ton Koopman. «Présence» est en l'occurrence une façon de parler, puisque ce chef de file de l'école baroque néerlandaise sera absent de ce festival 2007! «Il faut s'y prendre très longtemps à l'avance pour l'avoir», avoue Mme Scheibler. «Mais Ton Koopman sera là en 2009, sans doute dès le concert d'ouverture», ajoute-t-elle. Autre satisfaction pour les organisateurs: l'entrée de Kent Nagano en tant que «directeur du conseil d'administration», dénomination étrange et inhabituelle, mais qui devrait aider la Bach-Academie à asseoir une rapide notoriété et crédibilité internationales.

Du coup, contrairement à ce qui agitait l'édition 2005, le débat ne tourne plus du tout autour de l'interrogation existentielle «Faut-il réserver Bach aux baroqueux?». Cette question a été évacuée vite fait, bien fait: «Nous présentons la meilleure qualité d'interprétation, sur instruments anciens et modernes», synthétise Alexandra Scheibler. Ainsi, Kent Nagano dirigera l'Oratorio de Noël en clôture et la nouvelle idole de l'Allemagne en matière d'interprétation de Bach au piano, Martin Stadtfeld, interprétera le 6 décembre les Variations Goldberg, qui ont fait la gloire de ce lauréat du concours Bach de Leipzig (le plus prestigieux du monde) au pays du compositeur.

La prochaine fois, le «directeur du conseil d'administration» de la Bach-Académie de Montréal communiquera peut-être à sa présidente le calendrier des concerts de son orchestre, l'OSM. En effet, le soir du concert-événement de Martin Stadtfeld, celui qui suscite le plus de curiosité, se déroule le concert gala de l'Orchestre symphonique de Montréal dirigé par Zubin Mehta!

Davantage d'invités

Malgré ses affiches attirantes, le festival organisé par la Bach-Académie n'est pas plus subventionné qu'il y a deux ans: «Des paliers de gouvernement, nous n'avons toujours rien ou pas grand-chose: il faut avoir fait ses preuves pendant trois éditions», dit Alexandra Scheibler. L'organisatrice a tout de même pu produire cinq concerts en propre (contre un seul il y a deux ans) sur les vingt et une manifestations du festival, grâce à l'appui de commanditaires tels qu'Alcan, Bombardier et Miele. «Le festival a grandi, mais le concept — amenant à mélanger les meilleurs ensembles québécois [avec, cette année, en plus, Les Violons du Roy] et des artistes internationaux — demeure.»

Le Festival Bach englobe des concerts du soir, d'après-midi, des récitals d'orgue gratuits à midi, un symposium, deux classes de maître et un atelier d'orchestre mené par l'ensemble autrichien Modern Times, qui travaillera avec des étudiants l'exécution historiquement informée de cette musique. Avec Kent Nagano, les projets ne manquent pas; la collaboration n'est assurément pas ponctuelle: «Il y a beaucoup d'idées dans l'air, dont celle de la venue d'un choeur d'enfants, mais tout reste encore ouvert pour 2009», dit la présidente de l'académie et du festival.

L'édition 2009 s'ouvrira demain à 18h30 à l'église St. James United avec un concert de l'ensemble belge Il Gardellino, qui se présente, hélas, sans son âme et maître Marcel Ponseele, l'un des plus grands instrumentistes et esthètes de la sphère baroque des vingt dernières années. Les épinards sans le beurre, avec, au programme, deux concertos brandebourgeois et deux cantates avec soprano (Suzie LeBlanc). À 21h, suivra au même endroit un concert de l'ensemble montréalais «Autour de la flûte».

Les autres concerts du soir présenteront lundi (à Saint-Léon de Westmount) Daniel Taylor et le Theatre of Early Music dans des cantates du temps de Bach; mardi (à l'église Saint-Jean-Baptiste) Les Violons du Roy, avec la version originale du Magnificat; mercredi (à St. Andrew & St. Paul), l'ensemble autrichien Modern Times, juxtaposant Bach et Schnittke. Le récital de Martin Stadtfeld aura lieu jeudi à la cathédrale Christ Church. Vendredi, Arion présente un programme d'oeuvres célèbres (Concerto pour clavecin BWV 1052, 2e Suite orchestrale), comprenant le 4e Concerto brandebourgeois déjà joué par Il Gardellino cinq jours auparavant.

Le week-end prochain, l'amateur sera richement servi, avec deux concerts par jour: Les Idées heureuses et le Studio de musique ancienne, samedi; Ludwig Semerdjian, puis Matt Haimovitz le dimanche. Le concert de clôture avec l'OSM, mardi et mercredi, sera précédé, lundi, d'une soirée nettement plus intime, avec un récital de luth.

Collaborateur du Devoir

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Festival Bach

Du 2 au 12 septembre.

Billets: 514 790-1245.

Renseignements: www.bach-academie-montreal.com

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