Déjà quatre chandelles pour le Festival Off

Québec — Tandis que le Festival d'été célèbre son 40e anniversaire, le Off, lui, amorce en pleine santé la quatrième année de sa courte vie. Durant les cinq prochains jours, l'événement présentera près de 95 spectacles répartis sur 13 sites.

«En quatre ans, le Off a pris du galon, précise le directeur général, Martin Tétu. Notre but n'est pas de multiplier l'offre de spectacles uniquement pour prendre de l'expansion. On cherche plutôt à s'implanter de manière organique dans la ville.»

L'an dernier, de nombreux observateurs s'interrogeaient sur la pertinence de poursuivre l'aventure du Off dans la mesure où le Festival d'été avait réagi positivement aux critiques du milieu. Les organisateurs avaient alors expliqué qu'il fallait comprendre le Off comme un événement complémentaire du festival officiel, et non comme un événement en rupture.

Dans cet esprit, le Off cherche à remplir les espaces laissés vacants par son grand frère. «Pour nous, c'est très important de travailler avec des partenaires locaux, avance Martin Tétu. On veut donner une impulsion à la ville, favoriser les rencontres entre le public, les groupes émergents, les producteurs et les lieux de diffusion.»

Pour y arriver, le Off a cherché cette année à présenter des spectacles dans des lieux dont ce n'est pas nécessairement la vocation. Des rendez-vous musicaux seront ainsi donnés à la mythique Taverne Jos. Dion (où on pourra voir Émily Clepper, Le Train qui roule et les New Crackle Sisters), plus connue pour ses matchs de hockey et ses langues de porc dans le vinaigre que pour la présence de musiciens.

Cette ouverture à de nouveaux lieux de diffusion devrait amener un peu d'air frais dans la Vieille-Capitale. «On sait que la situation des salles de spectacles est présentement difficile à Québec.» La ville a récemment connu la fermeture de nombreux endroits où se produisaient des groupes émergents. «Au-delà du festival, nous serions heureux si le Off pouvait stimuler certains bars à jouer un rôle de diffuseur.»

Programmation inspirante

«Malgré l'importance du côté organisationnel, il ne faut pas oublier que la structure est uniquement un moyen pour présenter de la musique, rappelait à juste titre le directeur général. Cette année, nous sommes particulièrement fiers de la diversité des genres qui se rencontreront dans le cadre du Off.»

En effet, c'est un bouquet varié et foisonnant que le directeur de la programmation, Jean-Denis Boisbriand, présente cette année au public. En plus du folk, de la chanson, des musiques électroniques et du indie-rock — qui faisaient jusqu'à présent la marque de commerce de l'événement —, le Off donne une place importante au reggae, au hip-hop, au country-urbain et au punk-rock au sein de sa grille horaire.

Cette diversité est notamment rendue possible par l'ouverture de l'organisation à des coproducteurs. «Pour la première fois, on a travaillé avec des gens qui se dévouent à l'année pour organiser des spectacles dans des créneaux bien précis, explique Martin Tétu. On leur a offert de prendre en charge la direction artistique de certaines soirées. Ça nous permet d'ouvrir nos horizons et d'éviter la pensée unique dans le choix des groupes qu'on invite.»

Au coeur de cette programmation, on retrouve le souci d'offrir au public de Québec la chance de faire des découvertes. Avec des groupes comme Hank & Lily, Les Amis au Pakistan, Erreur de type 27, Soul Jazz Orchestra et Les Doux Cactus, le choix du parcours s'annonce difficile!

Collaborateur du Devoir

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- Le Festival Off du 10 au 14 juillet. Pour la programmation complète: www.quebecoff.org.