Mort de la compositrice russe Galina Oustvolskaïa - La «dame au marteau» s'est retirée

Que les cieux se déchirent, Galina Oustvolskaïa est morte! L'annonce de ce décès, survenu le 22 décembre, a fait aussi peu de bruit que la vie même de celle qui fut pourtant l'une des trois ou quatre grandes compositrices du siècle. Galina Oustvolskaïa (parfois orthographié Ustvolskaya) est née en 1919 à Saint-Pétersbourg. Elle y a étudié au conservatoire, ainsi qu'à celui de Moscou.

Elle a eu Chostakovitch pour professeur, et a entretenu avec lui une longue liaison. Bien que passant pour sa disciple, elle a affirmé, dans une de ses très rares interviews, qu'elle «avait rejeté avec détermination» sa musique. Elle a d'ailleurs rayé de son catalogue ses compositions des années cinquante, qu'elle jugeait compromises avec l'esthétique socialiste officielle.

Restée à Leningrad, vivant en ermite dans un microscopique logement, elle compose alors une des musiques les plus intransigeantes qui soient, tel un martèlement implacable opposé à un destin inexorable. Coupée du monde extérieur, notamment du monde musical occidental, elle produit une oeuvre qui restera longtemps inconnue (désormais assez complètement accessible sur CD). De son exil radical, Oustvolskaïa a ramené, au bout de ses moignons, une espèce de triomphe paradoxal d'une grande violence. Bien qu'ayant parfois voyagé après la chute du Mur, la «dame au marteau» avait pour l'essentiel gardé son mode de vie «intégralement retranché».