À voir à la télévision le jeudi 19 janvier - Avoir 17 ans à Kahnawake

Elles s'appellent Lauren, Amy et Felicia. Les deux premières ont 17 ans, la dernière, 14. Pour ces adolescentes, la ligne d'horizon s'arrête aux frontières de la réserve de Kahnawake, «ce petit territoire visant à [les] contenir». Arrivées à l'âge des choix, elles racontent leurs déchirements à la caméra de Tracey Deer, une Mohawk de 25 ans qui se reconnaît dans ces âmes écorchées.

Avec Mohawk Girls, Tracey Deer en profite pour lever le voile avec beaucoup d'humanité sur un peuple déchiré entre la tradition et les attraits de la modernité. «L'alcool et les drogues font des ravages. Ça nous tue, confie Felicia, la voix brisée. Il nous faut changer, sinon la nation mohawk va disparaître.»

Sa réponse à elle, c'est de se défoncer dans la Survival School, un lieu qui permet aux jeunes de se réapproprier la langue et la culture de leurs ancêtres. Pour le reste, elle décroche. Comme la majorité de ses compagnons de la polyvalente de Kahnawake, qui n'ont pour objectif que d'obtenir la note de passage.

En lutte contre la médiocrité depuis son adolescence, la réalisatrice native de la réserve entend montrer avec ce documentaire que l'ambition n'a ni genre ni race. C'est aussi l'avis de Lauren et d'Amy, qui ont pris le parti de se donner des ailes pour atteindre leurs buts. L'alcool et les drogues, très peu pour elles.

Élevées dans une bulle imperméable aux soubresauts de Montréal, pourtant si proche, elles rêvent aujourd'hui de sauter la clôture.

Il faut prêter l'oreille à ces trois voix qui se confient avec autant de confiance à Tracey Deer. Celle-ci a même réussi le tour de force de mettre dans sa poche les proches de ses protégées, qui lui parlent à coeur ouvert. En dépit de son montage un peu sec et de sa caméra peu inventive, Mohawk Girls offre en définitive une réflexion inédite, combien rafraîchissante, sur la quête identitaire des jeunes autochtones.

Mohawk Girls
Télé-Québec, 20h