L’excellence du «Devoir» soulignée au Concours canadien de journalisme

«Le Devoir» se trouvait parmi les 6 médias — sur les 19 organes de presse représentés — comptant des finalistes dans plus d’une des 22 catégories de ce concours annuel.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir «Le Devoir» se trouvait parmi les 6 médias — sur les 19 organes de presse représentés — comptant des finalistes dans plus d’une des 22 catégories de ce concours annuel.

Deux journalistes du Devoir ont reçu les plus grands honneurs du Concours canadien de journalisme, vendredi soir, pour leur série de reportages détaillant les ravages de la violence conjugale au Québec ainsi que les mesures à prendre pour mieux soutenir les victimes.

La journaliste d’enquête Améli Pineda et sa collègue Magdaline Boutros ont reçu le prix E. Cora Hind en journalisme spécialisé lors du dévoilement des gagnants du prestigieux concours annuel. Elles ont aussi reçu le plus grand honneur du concours, qui les a consacrées « journalistes de l’année ». C’était la première fois que cette distinction était décernée à un duo de journalistes.

« Quelle spectaculaire reconnaissance du travail d’enquête et de la sensibilité journalistique de ces deux journalistes d’exception ! Elles méritent pleinement le titre de journalistes de l’année pour avoir suivi leur instinct, plongé dans des sujets sociaux d’importance et réellement eu une incidence concrète grâce à leur couverture journalistique », a réagi par écrit la rédactrice en chef du Devoir, Marie-Andrée Chouinard.

Journalisme d’enquête

Leurs reportages ont notamment mis en lumière, en mars 2021, les failles du système judiciaire en ce qui a trait aux dossiers de violence conjugale. Les émouvants témoignages recueillis par les deux journalistes auprès de victimes ont permis de documenter l’ampleur des obstacles et des souffrances que rencontrent les femmes qui tentent de fuir un conjoint ou un ex-conjoint qui porte souvent un lourd passé criminel. L’année 2021 a d’ailleurs été marquée par 17 féminicides, contre 8 l’année précédente.

« L’enquête a non seulement démontré à quel point le système judiciaire a échoué à l’égard des victimes de violence conjugale, elle a de plus souligné l’urgence de corriger ces lacunes tragiques quand la violence au foyer éclate à l’échelle nationale », ont remarqué les juges. Ceux-ci ont par ailleurs souligné que « leur travail sur le féminicide et ses ramifications, en particulier pour les enfants laissés-pour-compte, nous a rappelé que vivre sans peur est une promesse non tenue pour beaucoup », et a ainsi joué un rôle important de sensibilisation auprès de la population et des autorités publiques.

« C’est un accomplissement extraordinaire, à la hauteur de votre talent et de votre dévouement pour le journalisme qui change les choses. La notion de combat, chère au Devoir, est bien vivante », a pour sa part écrit sur Twitter le directeur du quotidien montréalais, Brian Myles.


Le Devoir se trouvait d’ailleurs parmi les 6 médias — sur les 19 organes de presse représentés — comptant des finalistes dans plus d’une des 22 catégories de ce concours annuel. Mme Boutros était notamment finaliste pour une série de reportages réalisés l’an dernier au Pakistan, en marge du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, ainsi que dans la catégorie « reportage soutenu », aux côtés de son collègue Ulysse Bergeron, pour leur imposant travail de recherche sur les violences perpétrées au sein de l’Église catholique québécoise.

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