Journalistes assassinés: un «tribunal» pour demander des comptes aux gouvernements concernés

Le «tribunal» aura sa première audience le 2 novembre à La Haye pour évoquer trois affaires retentissantes, l’assassinat en 2009 de Lasantha Wickrematunge au Sri Lanka (photo), celui du mexicain Miguel Ángel López Velasco en 2011 et celui du Syrien Nabil Al-Sharbaji en 2015.
Photo: Lakshan Wanniararchchi Agence France-Presse Le «tribunal» aura sa première audience le 2 novembre à La Haye pour évoquer trois affaires retentissantes, l’assassinat en 2009 de Lasantha Wickrematunge au Sri Lanka (photo), celui du mexicain Miguel Ángel López Velasco en 2011 et celui du Syrien Nabil Al-Sharbaji en 2015.

Trois grandes organisations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières, ont annoncé mardi la création d’un « tribunal » chargé d’enquêter sur des meurtres de journalistes et de demander des comptes aux gouvernements jugés responsables de ces crimes.

Il s’agit avant tout de dénoncer la violence en hausse contre cette profession dans le monde entier : depuis 1992, plus de 1400 journalistes ont été tués, et dans huit cas sur dix, les meurtriers ne sont pas appréhendés, souligne Reporters sans frontières (RSF), dans un communiqué.

Outre RSF, basé à Paris, Free Press Unlimited (FPU), qui a son siège à Amsterdam, et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York, participent à la création de ce « tribunal d’opinion ».

Cette instance va prendre la forme d’une assemblée délibérative où des personnalités vont dénoncer sous une forme juridique des actes qu’elles jugent répréhensibles vis-à-vis de journalistes, en particulier par rapport au droit international. Leurs avis seront ensuite remis aux autorités concernées.

L’objectif est de faire en sorte que les États responsables de violations du droit international vis-à-vis de journalistes assument leurs responsabilités, explique le communiqué.

Composé de juristes internationaux, ce « tribunal » aura sa première audience le 2 novembre à La Haye pour évoquer trois affaires retentissantes : l’assassinat en 2009 du rédacteur en chef du journal The Sunday Leader Lasantha Wickrematunge au Sri Lanka, celui du journaliste mexicain Miguel Ángel López Velasco en 2011 et celui du Syrien Nabil Al-Sharbaji en 2015.

« Le tribunal du peuple mettra en accusation les gouvernements du Sri Lanka, du Mexique et de Syrie pour ne pas avoir rendu justice dans les (trois, ndlr) affaires de meurtres », écrit RSF.

Une célèbre avocate des droits de la personne, l’Espagnole Almudena Bernabeu, dirigera l’accusation pendant cette première audience.

Parmi les témoins clés qui livreront leurs témoignages figureront Hatice Cengiz, universitaire et fiancée du journaliste saoudien Jamal Khashoggi assassiné en 2018, Matthew Caruana Galizia, journaliste et fils de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia assassinée en 2017, et Pavla Holcová, journaliste d’investigation et collègue du journaliste slovaque Ján Kuciak assassiné en 2018.

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