RSF actualise sa liste de «prédateurs de la liberté de la presse»

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán
Photo: Olivier Matthys / Pool / AFP Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé lundi l’édition 2021 de sa galerie de « prédateurs de la liberté de la presse », désignant pour la première fois un dirigeant d’un pays de l’UE, le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, parmi 37 chefs d’État ou de gouvernement.

Les membres de cette liste, dont la précédente actualisation remonte à 2016, « imposent une répression massive, par la mise en place d’appareils de censure, l’incarcération arbitraire de journalistes, l’incitation à la violence contre ces derniers, quand ils n’ont pas […] directement ou indirectement poussé à leur assassinat », déclare RSF dans un communiqué.

Près de la moitié (17) « y figurent pour la première fois », aux côtés de « vieux tyrans » déjà qualifiés de « prédateurs » par RSF en 2001, à savoir le président syrien, Bachar al-Assad, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, les présidents russe, Vladimir Poutine, et biélorusse, Alexandre Loukachenko, ainsi que les présidents équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, érythréen, Issaias Afeworki, et rwandais, Paul Kagamé.

Outre Viktor Orbán, qui selon l’ONG « n’a cessé, depuis son retour au pouvoir en 2010, de s’attaquer avec efficacité au pluralisme et à l’indépendance des médias », on trouve parmi les nouveaux entrants le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, auteur d’« une répression multiforme » et « barbare » illustrée par « le terrible assassinat, en 2018, de l’éditorialiste Jamal Khashoggi ».

Mais aussi le président brésilien, Jair Bolsonaro, « dont la rhétorique guerrière et ordurière à l’encontre de la presse s’est décuplée depuis le début de la crise sanitaire ».

Autre nouveauté, l’apparition de deux femmes dans la liste, dont la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam. « Marionnette aux mains du président chinois, Xi Jinping », elle soutient ouvertement ses « politiques liberticides » à l’origine de la disparition, en juin, « du principal quotidien indépendant hongkongais Apple Daily » et de « l’emprisonnement de son fondateur, Jimmy Lai », déplore RSF.

L’autre prédatrice, la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a quant à elle « notamment fait passer, en 2018, une loi sur la sécurité numérique qui a entraîné des poursuites contre plus de 70 journalistes et blogueurs ».

La moyenne d’âge des prédateurs est de 66 ans, la région Asie-Pacifique fournissant à elle seule « 13 des 37 tyrans recensés », selon l’ONG.

RSF avait aussi publié en 2020 une liste des « prédateurs numériques de la liberté de la presse » et en publiera une regroupant les « prédateurs non étatiques » avant la fin de l’année.

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