La rédactrice en chef du «Devoir», Marie-Andrée Chouinard, remporte le prix Jules-Fournier

Le jury a dévoilé son choix ce matin en soulignant «l’élégance de son style» de même que «la rigueur et la logique de son argumentaire».
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Le jury a dévoilé son choix ce matin en soulignant «l’élégance de son style» de même que «la rigueur et la logique de son argumentaire».

La rédactrice en chef du Devoir, Marie-Andrée Chouinard, a remporté le prix Jules-Fournier, décerné annuellement par le Conseil supérieur de la langue française à un professionnel des médias de la presse écrite québécoise pour le soin et la maîtrise de la langue.

Le jury a dévoilé son choix ce matin en soulignant « l’élégance de son style », de même que « la rigueur et la logique de son argumentaire ».

« Sa capacité à vulgariser facilite au lecteur l’accès à un large éventail de thèmes et de situations complexes et lui permet aussi d’enrichir sa réflexion », explique le communiqué du Conseil supérieur de la langue française. « Enfin, elle sait allier la qualité de la démonstration à la précision du point de vue et au rythme de la narration, tous démontrant sa maîtrise des sujets traités. »

Cet hommage « donne le rouge aux joues », se réjouit la lauréate. « L’écriture a toujours fait partie de ma vie, du plus loin que je me souvienne. Quand j’étais même toute petite, j’étais très attirée par l’idée de faire un journal, d’écrire des histoires. Donc, c’est un honneur qui me ravit particulièrement. »

La recette de son succès ? « C’est de lire beaucoup, confie-t-elle. Le truc c’est de dévorer des livres et de s’émerveiller devant la capacité des autres à jouer avec la langue. C’est de se plonger dans des récits qui ne sont pas de nous, d’essayer aussi de jouer avec la langue. »

Derrière les mots

L’écriture d’éditoriaux fut « particulière » cette année, souligne par ailleurs Marie-Andrée Chouinard. « Il y a eu des moments où on avait aussi beaucoup d’empathie pour nos dirigeants qui devaient prendre des décisions, et nous qui nous retrouvions dans un siège où il fallait dire oui ou non si c’était une bonne idée d’avoir choisi ceci ou fait cela. »

Elle note que la recherche d’arguments ne doit pas éclipser la recherche de faits. « Il faut non seulement jouer avec les mots, mais aussi avoir les bons mots. D’ailleurs, quand mes arguments ne sont pas suffisamment percutants, les lecteurs me le disent. Mais les sujets graves, on ne les aborde pas autrement que les sujets légers. Chaque fois, la démarche est la même. Il faut bien se documenter, aller chercher des sources diverses, essayer de confronter différents points de vue pour finalement nous faire, nous, notre propre idée. »

Tour à tour reporter, éditorialiste, cheffe de division et directrice de l’information, la rédactrice en chef du Devoir depuis 2018 n’en est pas à sa première reconnaissance dans le domaine. Elle a été lauréate du prix Judith-Jasmin dans la catégorie « Meilleur texte d’opinion » en 2012, et du prix Claude-Ryan du Concours canadien de journalisme pour sa production éditoriale en 2020.

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