Mot en n: du côté de Radio-Canada

«Le premier des principes des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada est celui de l’exactitude, et l’un de ses préceptes est la clarté.»
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Le premier des principes des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada est celui de l’exactitude, et l’un de ses préceptes est la clarté.»

L’ombudsman de Radio-Canada a tranché. Guy Gendron juge qu’une chronique de Simon Jodoin diffusée dans le cadre de l’émission Le 15-18, à la Première Chaîne le 17 août 2020, respectait les Normes et pratiques journalistiques du diffuseur public. La plainte de l’artiste et entrepreneur social Ricardo Lamour portait sur l’emploi par le chroniqueur d’une insulte raciste (le mot en n) parce qu’il citait le livre Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallières.

« Le premier des principes des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada est celui de l’exactitude, et l’un de ses préceptes est la clarté », écrit M. Gendron dans son analyse rendue publique lundi en après-midi et intitulée « Ce mot dans la bouche d’un Blanc est-il une grenade ? (Le 15-18), clin d’oeil au titre d’un livre de Dany Laferrière, Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?. Il faut non seulement recueillir les faits et les comprendre, mais il faut aussi « les expliquer clairement à notre auditoire. Or, je ne peux concevoir une autre manière de présenter la controverse qui a conduit Simon Jodoin à faire une chronique sur la pensée de Pierre Vallières qu’en donnant le titre complet de son livre ».

Cela dit, l’ombudsman étend sa réflexion en proposant des balises pour la suite des choses. « Je n’estime pas que Radio-Canada doive bannir l’usage du mot controversé en toutes circonstances, mais il doit être utilisé de manière responsable », écrit-il.

Une exigence de clarté peut donc justifier son emploi. Cependant, « la charge négative qu’il porte » force à en manier l’usage de manière très précautionneuse. M. Gendron estime en plus insuffisant de parler du « mot en n », euphémisme peu connu en français en plus d’être un calque de l’anglais. Il propose plutôt d’utiliser la formule : « Une insulte raciste qui commence par la lettre n ».