Les retraités des quotidiens de GCM de retour au palais de justice de Québec

Groupe Capitales Médias compte quelque 350 employés permanents et publie six quotidiens régionaux.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Groupe Capitales Médias compte quelque 350 employés permanents et publie six quotidiens régionaux.

Le juge Jacques J. Lévesque, de la Cour d’appel, doit bientôt se prononcer sur la requête en permission d’en appeler des associations de retraités des quotidiens Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est dans le cadre de la reprise du Groupe Capitales Médias (GCM) par des coopératives.

Les retraités avaient indiqué la semaine dernière qu’ils passaient de la parole aux actes et portaient en appel le jugement donnant le feu vert à la relance du groupe de presse. Les associations de retraités de deux quotidiens, soit La Tribune et Le Droit, ne figurent pas parmi les demanderesses.

En vertu de la décision rendue le 23 décembre par le juge Daniel Dumais, de la Cour supérieure, les retraités devaient faire une croix sur 25 % à 30 % de leurs rentes à compter de février en plus de renoncer à d’éventuels recours à l’égard des différents syndicats et les comités de retraite.

Jeudi matin, l’avocate des retraités, Me Estelle Tremblay, a argué que ceux-ci n’avaient jamais eu de voix au chapitre. « Est-ce que les retraités devraient tout perdre incluant le droit de demander des comptes parce que les créanciers l’exigent ? » a-t-elle demandé.

Plan de restructuration

Par ailleurs, elle a insisté pour dire que les retraités ne cherchaient pas à « nuire » à quiconque, mais demandaient simplement « de ne pas être obligés de renoncer à des droits ».

Les avocats représentant le syndic ont quant à eux plaidé qu’un éventuel appel des retraités mettrait en péril le plan de restructuration. Ils ont fait valoir jeudi que la coopérative existait, mais que son financement, sujet à différentes conditions, n’était pas complètement attaché.

Citant la jurisprudence, ils ont laissé entendre qu’un appel de la décision du juge Dumais pourrait provoquer le retrait des prêteurs dans cette affaire.

GCM, qui s’était placé à l’abri de ses créanciers en août dernier, compte quelque 350 employés permanents et publie six quotidiens régionaux.

Le plan de relance — dans lequel on exigeait des quittances — avait été adopté à environ 99 % par les créanciers de l’entreprise dans le cadre d’une assemblée tenue le 16 décembre dernier.

On exigeait la fin des régimes de retraite, parce qu’ils affichent un déficit de solvabilité qui était estimé à environ 65 millions de dollars d’après la plus récente évaluation, qui remonte toutefois à la fin de 2018. Les travailleurs actifs subiront aussi de lourdes pertes dans leur régime de retraite.

Gesca, une filiale de Power Corporation, avait vendu les six quotidiens à l’avocat et ex-ministre fédéral Martin Cauchon en 2015, qui a quitté l’entreprise lorsqu’elle s’est placée à l’abri de ses créanciers.