Groupe Capitales Médias: un peu de flou sur la ligne d’arrivée

Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers.

La course contre la montre s’est arrêtée mardi soir sur le coup de 17 h pour les acheteurs potentiels des six quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM). Si la plupart des concurrents potentiels sont restés muets mardi, seul le projet de la coopérative des employés de GCM a confirmé avoir déposé une offre officielle au syndic s’occupant de la reprise de l’entreprise de presse en difficulté.

Cette tombée, originalement prévue jeudi dernier, avait été repoussée par le syndic PricewaterhouseCoopers (PwC). Ce dernier n’a pas été en mesure de confirmer mardi soir le nombre d’offres reçues, ni l’identité de ceux qui les auraient déposées.

La proposition qui sera retenue par le syndic au dossier, Christian Bourque, sera soumise au tribunal au plus tard le 20 novembre « ou à une date ultérieure, si des conditions subsistent », avait-il précisé.

Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers. L’entreprise chapeaute Le Soleil (Québec), Le Droit (Gatineau, Ottawa), La Tribune (Sherbrooke), La Voix de l’Est (Granby), Le Nouvelliste (Trois-Rivières) et Le Quotidien (Saguenay).

Le projet « Je coopère pour mon journal », formé des quelque 350 syndiqués et cadres de GCM, est officiellement sur les rangs.

Louis Tremblay, le porte-parole du comité provisoire qui chapeaute les démarches du regroupement des travailleurs, a confirmé au Devoir que « les délais avaient été respectés » pour le dépôt d’une offre.

Les six journaux de GCM ont lancé le 7 octobre une campagne de financement auprès de leurs communautés respectives. Aux dernières nouvelles, soit le 17 octobre, un total de deux millions avait été accumulé sur les trois millions espérés. Fait à noter, les différents syndicats des six publications ont décidé d’offrir une contribution de quelque 600 000 $ au total.

Selon des informations du journal La Presse, le plan d’affaires de la future coopérative prévoirait l’injection de 21 millions dans la nouvelle structure. Le Fonds de solidarité FTQ, le Mouvement Desjardins, Investissement Québec et le fonds de travailleurs Fondaction de la CSN seraient notamment de la partie.

La Fédération nationale des communications (CSN) et le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité appuient aussi le projet.

Parmi les candidats sérieux à la reprise de GCM, le groupe Métro média est revenu souvent dans les discussions. Son vice-président Andrew Mulé n’a toutefois pas voulu faire de commentaire sur le sujet mardi soir. Son entreprise est propriétaire de près de 30 hebdomadaires ainsi que du quotidien gratuit Métro.

Questionnée par rapport à ses intentions, Québecor a quant à elle fait savoir que l’entreprise ne commenterait pas « les dossiers de cette nature. » Le Devoir a annoncé jeudi dernier qu’elle ne serait pas de cette phase finale.

Au terme des sept premiers mois de l’exercice en cours, les pertes de GCM sont estimées à environ 6 millions de dollars. Le groupe, qui traîne des dettes approximatives de 26 millions, avait obtenu à la fin de 2017 un prêt de 10 millions de la part d’Investissement Québec.

« C’est très complexe comme dossier, avait déclaré jeudi le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon. Je suis confiant qu’il va y avoir résolution, il faut juste s’assurer que le plus de monde [possible] soit content. »

Avec La Presse canadienne