Des modèles d'affaires variés

Unique en son genre au Québec du fait de son indépendance, «Le Devoir» mise sur l’abonnement, sur la philanthropie et sur les revenus publicitaires pour rentabiliser ses opérations.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Unique en son genre au Québec du fait de son indépendance, «Le Devoir» mise sur l’abonnement, sur la philanthropie et sur les revenus publicitaires pour rentabiliser ses opérations.

Au cœur de la tempête qui secoue le monde des médias, et dont la Commission de la culture et de l’éducation se fera l’écho dès lundi, se trouvent les journaux, ces entreprises de presse de longue tradition. Voici sur quoi reposent les principaux modèles d’affaires présents au Québec et qui seront discutés lors des auditions sur l’« avenir des médias d’information ».
 

Groupe Capitales Médias

Présent avec six quotidiens dans six villes et/ou régions (Québec, Ottawa-Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Granby), Groupe Capitales Médias (GCM) souhaitait faire de l’union sa force — notamment pour attirer les annonceurs. Créé en 2015, GCM a conservé les éditions papier, et le traditionnel modèle de vente, tout en misant sur la gratuité des éditions numériques. Malgré un soutien d’Investissement Québec lié à un plan financier échelonné jusqu’en 2020, le modèle ne semble pas avoir tenu, au vu du manque de liquidités qui l’ont acculé à la faillite.

 

Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec

Les journaux frères, propriété de Québecor, s’appuient sur la santé financière d’une entreprise qui opère dans différents secteurs, notamment celui des médias électroniques comme TVA, Vidéotron et, depuis peu, QUB Radio. Québecor est l’exemple souvent cité (et parfois décrié) pour évoquer la réalité de la concentration des médias. Ses journaux de Montréal et de Québec demeurent néanmoins soumis à la baisse de revenus publicitaires, dont souffre le milieu des médias.

 

Le Devoir

Unique en son genre au Québec du fait de son indépendance, Le Devoir mise sur l’abonnement, sur la philanthropie et sur les revenus publicitaires pour rentabiliser ses opérations. « L’équilibre est précaire, écrivait cette semaine en éditorial, le directeur Brian Myles, mais il nous place dans une situation unique pour poser des questions délicates ». L’option du Devoir, pour pallier notamment « l’érosion des revenus de publicité », c’est de s’assurer, par l’abonnement, d’un soutien plus stable de ses lecteurs.

 

La Presse

En décidant de mettre fin à son quotidien imprimé en 2015, La Presse a opté pour la tablette numérique comme principal véhicule et pour l’entière gratuité. Le modèle d’affaires a depuis évolué jusqu’à transformer l’entreprise privée en un OBNL. Jadis propriété d’une famille millionnaire, c’est désormais une « fiducie d’utilité sociale » qui détient l’ensemble des actions et qui gère les fonds recueillis, que ceux-ci proviennent de la vente de publicité ou de donateurs.

 

Metro Media

Né en 2018, Metro Media est propriétaire du journal Métro et d’une trentaine d’hebdomadaires publiés à Montréal et à Québec et jadis propriété du groupe TC Transcontinental. Celui qui se présente comme « la force de la nouvelle locale » fait de l’information gratuite, et en format papier, son identité. C’est donc entièrement des revenus publicitaires que dépend l’ensemble de ces publications. Metro Media a par ailleurs manifesté son intérêt pour acquérir GCM, tout comme Québecor, ou Le Devoir, qui s’est dit intéressé à une alliance avec Le Soleil, un des titres de GCM.

 

The Gazette

Membre d’un groupe (Postmedia Network) comprenant plus de 140 titres partout au Canada (National Post, Ottawa Citizen, Calgary Herald…), The Gazette demeure fidèle au traditionnel modèle reposant sur les revenus publicitaires et d’abonnement. Son site Web, accessible gratuitement, invite cependant les lecteurs à « considérer » soutenir le seul quotidien de langue anglaise au Québec.