«Le Devoir» prendra position

L’éditorial n’engage que l’équipe éditoriale et se détache entièrement de sa rédaction, dont le travail journalistique s’effectue en toute indépendance et recherche d’objectivité.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’éditorial n’engage que l’équipe éditoriale et se détache entièrement de sa rédaction, dont le travail journalistique s’effectue en toute indépendance et recherche d’objectivité.

Certaines traditions traversent les époques, mais s’adaptent à l’air du temps. Par exemple celle d’un éditorial politique précédant un scrutin, ainsi que Le Devoir s’y adonne depuis ses tout premiers pas, au début du XXe siècle. Il s’y adonnera à nouveau dans l’édition de samedi, ainsi que l’équipe éditoriale menée par le directeur Brian Myles en a décidé.

La tradition anglo-saxonne de l’« édito », comme le veut le jargon journalistique, est toujours bien présente. Dans certains médias, l’éditorial n’est pas signé, en guise de reflet parfait d’une position de groupe. Au Devoir, chacun d’entre nous signe ses écrits, mais nous discutons tous les matins en équipe des sujets du jour et déterminons ensemble la position commune.

Certes, les temps ont changé. Elle est derrière nous l’époque de l’édito du journal de combat, mais il apparaît encore pertinent en 2018, pour des éditorialistes qui se sont prononcés pendant quatre ans sur tous les menus et grands enjeux liés à la campagne électorale, de prendre la parole le jour dit.

Comme tous les directeurs — et une directrice — du Devoir avant lui, M. Myles prendra donc position samedi dans un texte qu’il ne faut pas voir comme une directive et une marche à suivre, mais plutôt comme un élément destiné à nourrir une réflexion. À travers cet éditorial, nous défendons les valeurs du Devoir, cet « observateur honnête, rigoureux, lucide et incisif du débat de société, avec une inclination pour les idéaux de justice sociale », ainsi que le définissait le directeur dans un de ses éditoriaux fondateurs de 2016.

L’éditorial n’engage toutefois que l’équipe éditoriale (les éditorialistes, la rédactrice en chef et le directeur du journal). Il se détache entièrement de sa rédaction, dont le travail journalistique s’effectue en toute indépendance et recherche d’objectivité. Les chroniqueurs, quant à eux, disposent aussi d’une liberté d’expression et de pensée qui leur permet d’écrire et d’évoluer complètement en dehors de la « ligne » éditoriale. Ces trois genres cohabitent donc en nos écrits, mais sont très distincts les uns des autres. Nous tenons à cette indépendance au sein même de notre média indépendant.

Le Devoir a toujours accordé une large importance à la politique, et par conséquent, une campagne électorale constitue un des moments forts de notre activité journalistique. Des journalistes ont été dépêchés dans les autobus des quatre partis — nous avons choisi de suivre QS en autobus deux semaines sur cinq, mais avons suivi l’ensemble de leurs activités les trois autres semaines depuis Montréal.

Nous avons également convié les chefs des quatre principaux partis à une rencontre avec l’équipe éditoriale, ainsi que le veut une autre tradition que nous chérissons. Ils se sont tous prêtés à ce jeu, hormis le chef de la CAQ, François Legault, avec qui nous ne sommes pas arrivés à trouver un moment de rencontre convenant aux deux parties. Cela explique l’absence d’une table éditoriale avec la CAQ.