Le Soleil décline

La direction du quotidien Le Soleil de Québec lance un plan de diminution de son effectif pour éliminer 24 emplois, soit 10 dans la salle de rédaction, 10 autres rattachés au bureau et 4 postes de cadre. La mesure vise des économies annuelles de 1,6 million de dollars.

 

Le quotidien, propriété du groupe Gesca, souhaite y arriver avec un programme de départs volontaires moyennant compensations. Les indemnités de départ iraient de neuf à dix-huit mois de salaire, selon l’ancienneté et la nature des fonctions. Le plan doit cependant être mis en place rapidement. L’échéance patronale est fixée à la fin du mois prochain.

 

« On va voir qui va se présenter, dit Claude Gagnon, président et éditeur du Soleil. Les départs se feront sur une base volontaire. Nous avons bonifié les préretraites et nous souhaitons encourager 24 départs. »

 

M. Gagnon explique ce choix par la morosité ambiante des journaux. « Une redivision de la tarte publicitaire est en train de se faire, dit-il. Internet prend beaucoup de place. Nous devons composer avec des revenus moins importants et ajuster nos organisations en conséquence. »

 

La décision a été signalée la semaine dernière aux employés. Le syndicat des journalistes se réunira vendredi pour discuter en groupe. L’atmosphère semble plutôt morose dans la salle.

 

« Nous prenons acte de cette situation, commente Pierre Couture, président du Syndicat de la rédaction du Soleil. Nous sommes devant une demande patronale. Nous ne pouvons empêcher les gens de partir à la retraite, s’ils le désirent. Nous ne nous opposons donc pas au plan. C’est juste que la diminution des effectifs met de la pression sur ceux qui restent. Ce sera quoi, dorénavant, le syndrome du survivant ? »

 

Le quotidien a procédé à l’abolition du bureau de correspondant à Ottawa l’automne dernier. La salle de la Capitale nationale a par contre intégré cinq photographes après des années passées à sous-traiter la prise d’images. La mesure aurait toutefois permis des économies tout en intensifiant la production de vidéos diffusées en ligne.

 

La convention collective des journalistes couvre encore l’année 2014. La rédaction compte maintenant quelque 70 postes. La nouvelle saignée prévisible emportera donc environ 15 % de l’effectif. En plus, depuis plusieurs années, tout poste vacant est aboli. La salle de Québec comptait 92 journalistes il y a dix ans.

 

Certains journalistes ne se gênent pas pour souligner l’apparent déséquilibre entre la situation à La Presse et au Soleil, deux quotidiens du groupe Gesca. Depuis deux ans, le média de Montréal a, en gros, doublé son effectif pour le développement et le lancement de sa plateforme LaPresse +. La salle montréalaise compterait maintenant quelque 250 permanents et une centaine de surnuméraires.

 

« Il faut faire attention, dit l’éditeur Gagnon. La Presse vit une phase de transition vers le numérique. Nous ne sommes pas rendus là encore. »

3 commentaires
  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 4 février 2014 08 h 32

    Le couchant

    Il y a 20 ans, le Soleil était un journal crédible, qui couvrait de façon documentée et nuancée les enjeux de la capitale.

    Il a commencé à sombrer il y a une dizain d'années, avec une métamorphose en tabloid insignifiant et sensationnaliste, suivant la recette du Journal de Québec.

    Maintenant, c'est un journal d'anecdotes campé clairement à droite, qui joue la courroie de transmission pour Labeaume, Couillard, Harper. Pas besoin de ça, nous avon déjà Quebecor.

  • Leclerc Éric - Inscrit 4 février 2014 13 h 48

    Pourtant le «papier» et le «numérique» font encore bon ménage

    Les éditeurs ne cessent répéter que les annonceurs sont tous plus disposés et intéressés par la version électronique des journaux, mais lorsque je vais à l'occasion dans n'importe quel kiosque à journaux je retrouve tous les quotidiens, qui continuent de se vendre et les mêmes annonceurs qui investissent leur argent pour rejoindre la clientèle cible.

    Le jour où la haute direction de n'importe quel quotidien annoncera qu'elle mets fin définitivement à son contrat d'impression avec une imprimerie, et se dirige uniquement vers le numérique ce sera plus crédible que de simples paroles en l'air.

    Et avec l'ampleur de la quantité de faits divers et de scandales politiques et autres qui sont à prévoir dans les prochaines années, les journaux qui sont associés de très près à la règle des «trois S » (sexe, sang, sports - Journal de Montréal et de Québec), il y a de la matière pour encore longtemps.

  • Arthur Desgagnés - Inscrit 4 février 2014 16 h 55

    Bien d'accord

    Lorsque je regarde La Tribune de Sherbrooke, j'ai l'impression que la version papier est très rentable. Les annonceurs semblent augmenter plutôt que diminuer.