«Poupée russe 2»: karma familial

L’irrésistible Natasha Lyonne affronte une nouvelle vrille temporelle et existentielle. Fortune ou fatalité?
Photo: NETFLIX L’irrésistible Natasha Lyonne affronte une nouvelle vrille temporelle et existentielle. Fortune ou fatalité?

Une suite à Poupée russe (V.F. de Russian Doll), vraiment ? Tout n’avait-il pas été bouclé dans la jubilatoire comédie noire mettant en vedette une Natasha Lyonne au faîte de sa truculence dans la peau de Nadia Vulvokov, une New-Yorkaise cherchant à échapper à sa mort à répétition ? Le doute était permis, mais il est balayé, et ce, dès le premier épisode de cette deuxième saison surprise, qui part sur une tout autre vrille temporelle et existentielle, laquelle s’avère peut-être plus follement décoiffante que la première. C’est dire.

À ceux qui s’en inquiètent : oui, le cercle mortel a été désamorcé. Le jour de la marmotte est bel et bien terminé pour Nadia, qui entre plus frontalement dans l’esprit gigogne à l’origine de la série en tirant plus franchement que jamais sur le fil inconstant de la transmission filiale. On n’en dira pas plus. Le vif plaisir que l’on retire à se laisser porter au gré des invraisemblables tocades de Nadia (et celles d’Alan, qui vit la même expérience en écho) tient en effet largement au perpétuel état de surprise dans lequel nous maintiennent ses trois créatrices.

En complicité avec les hilarantes Amy Poehler et Leslye Headland, Lyonne se dessine encore une fois ici une partition en or. Sous leur légèreté cabotine, la réflexion métaphysique s’approfondit. Plusieurs courants — culpabilité originelle, destin inéluctable, réparation nécessaire, rédemption bienheureuse — affleurent, passent et meurent. Il y a des fils qui retroussent, des portes ouvertes qui ne sont jamais refermées, mais l’ensemble reste prodigieusement vivant et irrésistible.

Poupée russe 2

Netflix, dès le 20 avril

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