«The Girl Before»: piège architectural

Cette adaptation à la facture sublime du roman de JP Delaney est à l’image de celui-ci: prévisible.
Photo: HBO Max Bell Média Cette adaptation à la facture sublime du roman de JP Delaney est à l’image de celui-ci: prévisible.

JP Delaney aligne les thrillers efficaces en jouant sans grande subtilité des masques dont il use lui-même comme écrivain. On aurait pu espérer que ses mécaniques perverses eurent été bien servies par la réalisatrice Lisa Brühlmann, qui a fait des merveilles avec la culottée série Killing Eve. Son adaptation de The Girl Before, luxueuse à souhait, manque hélas de subtilité.

Poids lourd signé BBC One, cette minisérie de quatre épisodes jouit d’une esthétique enviable. Celle-ci est magnifiée par les visions architecturales de l’énigmatique Edward Monkford (glacial David Oyelowo), qui cède la location de sa magnifique maison intelligente à qui voudra bien vivre à sa façon, quelque 200 règles à la clé. Deux lignes temporelles s’entremêlent : la première boucle s’attache à Emma (Jessica Plummer, fébrile), l’autre à Jane (Gugu Mbatha-Raw, solide), deux jeunes femmes aux profils de siamoises, toutes deux fragilisées par un trauma, et choisies par Monkford pour habiter la demeure faite splendeur. Le processus est facile, mais il se révèle très perturbant.

Or, il y a quelque chose de malicieusement mauvais dans la façon dont Edward, sous des couverts de supériorités morale et esthétique, lesquelles sont chez lui indissociables, régente la vie de son entourage. Reste qu’on est pantois devant l’accumulation formidable de drapeaux rouges, et surtout la multiplication grossière de leçons de consentement qui alourdissent l’intrigue. Et même si on prend plaisir à percer les mystères de ce thriller, force est d’admettre que l’exquise finesse prisée par Monkford brille par son absence.

The Girl Before (V.O.A et V.F.)

Crave et Super Écran

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