«CODA»: libérer sa petite musique intérieure

Lumineuse, l’actrice Emilia Jones («Locke & Key») est impeccable dans la peau de celle qui a jusqu’ici mené sa vie en sourdine, au service des autres.
Photo: Apple TV + Lumineuse, l’actrice Emilia Jones («Locke & Key») est impeccable dans la peau de celle qui a jusqu’ici mené sa vie en sourdine, au service des autres.

CODA, l’adaptation américaine du succès français La famille Bélier, a donné lieu à une âpre bataille entre géants du visionnement en ligne. C’est finalement Apple TV+ qui a remporté le bras de fer pour les droits de cette charmante production collée à l’esprit de l’originale, acquise au coût de 25 millions de dollars américains. Un coup de dés stratégique plus raisonné qu’il n’y paraît : la production a enflammé le Festival du film de Sundance cet hiver, recevant quatre prix, dont le Grand Prix du jury.

Il faut dire que la réalisatrice et scénariste Sian Heder (Orange Is the New Black, Tallulah) a su se ménager assez d’espace pour improviser en passant de la campagne aux eaux agitées de la côte est américaine. Tirant son titre de l’acronyme qualifiant les enfants d’adultes sourds, CODAraconte les tiraillements de Ruby, 17 ans, déchirée entre une famille un peu rude, mais pleine de chaleur, dont elle est le trait d’union avec le monde, et sa passion pour le chant, ce langage qui coule de source chez elle, tout en restant incommunicable à ceux qu’elle aime plus que tout.

Lumineuse, l’actrice Emilia Jones (Locke & Key) est impeccable dans la peau de celle qui a jusqu’ici mené sa vie en sourdine, au service des autres. Mais c’est le trio qui complète sa si singulière famille — formé des formidables acteurs Marlee Matlin, Troy Kotsur et Daniel Durant, tous trois sourds — qui donne à la partition son supplément d’authenticité. Sian Heder a le chic de les laisser filer, sans forcer la note du genre, sourires et larmes mêlés, avec, à la fin, les mots de Joni Mitchell pour se faire bercer.

CODA

Apple TV+, dès le vendredi 13 août



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