«Le Lotus blanc»: la misère des riches

Bell média

L’adage dit que « ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle ». Dans le cas de cette nouvelle série créée par Mike White (Enlighted, School of Rock, Brad’s Status), on pourrait plutôt dire que ce n’est pas parce que c’est une comédie qu’on rit. Mais on se plaît à la regarder quand même.

On s’esclaffe rarement en regardant cette satire qui suit quelques invités fortunés et employés d’un complexe hôtelier de luxe sur une île paradisiaque d’Hawaï (le White Lotus du titre) pendant toute une semaine, laquelle sera marquée par une disparition tragique. Pourtant, les personnages qui y sont dépeints avec une grande acuité sont tout à fait risibles, d’autant plus qu’ils sont pour la plupart interprétés à la perfection : un nouveau marié (Jack Lacy), héritier d’une fortune new-yorkaise, qui délaisse sa charmante épouse, trop occupé qu’il est à chercher tous les travers de l’endroit, un homme obsédé par ses testicules (Steve Zahn) et le fait que sa femme, p.-d.g. d’une entreprise florissante, réussisse mieux que lui, leurs ados désagréables chacun à leur façon, une quinquagénaire seule (Jennifer Coolidge, impériale !), endeuillée et jamais satisfaite.

S’ils ne nous font pas rire, c’est probablement parce que leur créateur les a rendus plus complexes, plus humains qu’on ne pouvait les imaginer, avec leurs drames en apparence anodins, leurs caprices et leur espoir de trouver leur salut dans ce magnifique endroit. On s’attache à peine à cette galerie de personnages, source de malaises pas toujours beaux, et on espère ne jamais devenir comme eux.

 

Le Lotus blanc (V.F. de The White Lotus)

HBO et Crave, dimanche, 21 h et en V.F. à Super Écran, jeudi, 21 h



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