«Vaillancourt. Regarde si c’est beau»: le semeur de tempêtes

L'artiste Armand Vaillancourt
Photo: Artv L'artiste Armand Vaillancourt

Des souvenirs, des anecdotes, des réflexions et des confidences, ce n’est jamais ce qui manque au créateur Armand Vaillancourt, dont on peut voir le brouhaha artistique à l’angle des rues Rachel et de l’Esplanade à Montréal, ou sa magnifique crinière blanche irradiant son physique aussi filiforme qu’athlétique. De ses débuts dans les années 1950 à aujourd’hui, ce fort en gueule impose le respect dans Vaillancourt. Regarde si c’est beau, du réalisateur John Blouin.

Porté par ce qu’il nomme le souffle de la liberté, l’homme, en traversant ces paysages bucoliques, se révèle en abordant ses expérimentations musicales avec des instruments peu orthodoxes, son inépuisable capacité d’émerveillement, en égrenant des anecdotes étonnantes sur sa jeunesse dans les champs, parmi les animaux et au milieu d’une bruyante fratrie. Selon ses dires, celle-ci fut élevée « comme des poètes », ce qui expliquerait qu’il soit « enflammé par tout ce [qu’il voit] », réflexe normal pour celui qui est né pour une seule chose : « La tempête ! »

Il sait d’ailleurs les provoquer, pour qui connaît sa trajectoire artistique et politique tumultueuse. John Blouin cherche peu à diriger les discussions, préférant suivre Vaillancourt dans ses pérégrinations. C’est sans doute la seule posture viable devant un électron libre de la stature d’Armand Vaillancourt, lui que Leonard Cohen a qualifié de géant. Cela plaît aussi à celui dont la forme physique semble être un pied de nez à la vieillesse et à la mort, lui qui grimpe des collines comme s’il était toujours cet enfant de la campagne sur lequel le temps n’a aucune emprise.

Vaillancourt. Regarde si c’est beau

Le lundi 10 mai, Artv, 20 h

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